La cigale enchantée (Conte de Noël) : Les intérêts disparaissent, le principal est entamé

« Je vous paierai, lui dit-elle, Avant l’Oût, foi d’animal, Intérêt et principal ». © coloriage.info

« Je vous paierai, lui dit-elle,

Avant l’Oût, foi d’animal,

Intérêt et principal ».

C’est là l’éternelle chanson de la Cigale, celle du débiteur au créancier, celle que pourrait chanter la France au spectacle de sa dette dont le montant, avec les évènements actuels, va passer du colossal à l’abyssal.

On peut certes aller plus loin puisqu’au-delà de l’abyssal, on trouve l’inconnu. Mais l’inconnu s’éclaire de quelques lueurs inattendues pour les emprunteurs.

La première est l’affaissement et la quasi-disparition des taux d’intérêts. Les porteurs d’un livret de Caisse d’Epargne notamment en savent quelque chose.

La deuxième est l’apparition de taux négatifs. Mais qu’est-ce qu’un taux négatif ? Il s’agit de la formule : « Je te prête 100, tu me rendras 98 ! ». Quelles sont les explications de ces deux nouveautés ?

Tout d’abord une explication par le marché. L’océan des liquidités disponibles va jusqu’à étouffer la voracité des emprunteurs ; un déséquilibre s’installe alors et le taux d’intérêt s’effondre.

Ensuite, la sécurité du même océan des liquidités n’est assurée en valeur que si les capitaux sont consommés ou prêtés.

L’apparition d’un monde virtuel, d’où procède le numérique, tend à faire que tout ce qui n’est pas utilisé, s’étiole et parfois disparaît.

Les taux d’intérêts négatifs correspondent donc à la rémunération d’une prestation de service qui consiste à conserver le capital qui, s’il n’avait pas été affecté à un prêt ou à une activité quelconque, aurait pu se dissoudre lentement. Une fragilité de liquidités disponibles apparaîtrait dans un monde devenu différent.

Le problème de la dette m’apparaissait perdre peu à peu cette image catastrophique si souvent évoquée.

J’entendis alors l’écho d’une conversation dont j’espérais saisir des propos approbateurs.

Il s’agissait en réalité de mon infirmière qui demandait à l’aide-soignante, Marie-Cécile, d’aller voir si le fou du 92 s’était réveillé. J’étais en stage de confinement dans une annexe sanitaire du XIIIe arrondissement pour quelques jours encore.

Jacques Limouzy

 

 

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