La Comédie-Française en tournée s’arrête au Théâtre municipal de Castres

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George Dandin suivi de La jalousie du Barbouillé

Jacques Copeau dans ses deux préfaces, l’une à George Dandin et l’autre à La Jalousie du Barbouillé, dit sa difficulté à lire Dandin comme une farce . Il constate que La Jalousie du Barbouillé est, pour les débuts de Molière, un retour vers la forme de la comédie italienne mais que cette forme libère son désir d’écriture. Il a 25 ans. 20 ans plus tard, pour répondre à l’urgence de la commande de Louis XIV pour le grand divertissement royal de juillet 1668, il fait encore un retour en arrière et s’inspire de La Jalousie du Barbouillé pour écrire George Dandin.

Riche paysan, George Dandin a épousé Angélique de Sotenville, fille d’un gentilhomme ruiné, et obtenu le titre de « Monsieur de la Dandinière ». Mais il ne tarde pas à s’apercevoir que son mariage, véritable marché de dupe, en fait un mari confondu… Apprenant de Lubin, messager du jeune Clitandre, que sa femme se laisse volontiers courtiser par son maître, Dandin tente de faire éclater l’affaire aux yeux de ses beaux-parents qui le méprisent. Il se heurte alors à la fourberie de Claudine et de sa maîtresse Angélique, qui n’a pas choisi cette alliance. Par trois fois, tandis que Dandin est sur le point de prouver la légèreté de sa femme, la situation se retourne contre lui. Et c’est ridiculisé et humilié qu’il doit présenter lui-même des excuses à ceux qui l’ont trompé. Commande de Louis XIV, George Dandin ou le Mari confondu fut créé à Versailles en 1668.

Un paysan qui épouse la fille d’un gentilhomme, la situation était invraisemblable à l’époque. Il s’agissait donc de rire des déboires de ce paysan parvenu.

Entre légèreté et gravité, la mise en scène d’Hervé Pierre met en relief l’aspect dramatique de la pièce. La farce n’est pas délaissée, mais elle revêt des accents sombres et grinçants.

« Le mal de tout ceci c’est que je ne sais comment faire pour profiter d’un tel avis. Si je rentre chez moi, je ferai évader le drôle, et quelque chose que je puisse voir moi-même de mon déshonneur, je n’en serai point cru à mon serment, et l’on me dira que je rêve.  » Molière, George Dandin, Acte II scène 6

Vendredi 26 février à 20h30 / Théâtre municipal. Tournée officielle de la Comédie-Française

Comédie en trois actes de Molière
Avec huit comédiens de la Troupe de la Comédie-Française dont Jérôme Pouly dans le rôle de George Dandin
Collaboration artistique : Laurence Kélépikis, scénographie et costumes : Eric Ruf, lumières : Christian Dubet, musiques originales : Vincent Leterme, travail chorégraphique : Cécile Bon, assistante à la scénographie : Dominique Schmitt, assistant aux costumes : Siegrid Petit-Imbert. Créé à la Comédie Française, au Théâtre du Vieux Colombier, le 12 novembre 2014. Durée : 1h20