La Convention citoyenne sur le climat

Familier des procédures innovantes, après le fameux « Grand débat », Emmanuel Macron a lancé cette année la « Convention citoyenne sur le climat », composée de 150 citoyens tirés au sort, depuis que les écolos et la gauche active – mais oui, il en reste une – ont proposé au Président ce qu’il doit faire pour lutter contre le réchauffement climatique, prévoyant bien sûr de monter dans ce train. Le tirage au sort concurrencerait-il l’élection démocratique ?  En plus des strates de notre organisation politique, dans ce « mille feuilles » si souvent décrié, l’on voit apparaître et pulluler, après l’inutile Conseil Economique et Social, Comités, Haute autorité de ceci, Conseil de cela, instances diverses non soumises à l’électeur, et le Parlement est réduit à n’être qu’une chambre d’enregistrement alors qu’il devrait être l’instance de contrôle du gouvernement.

Il est évident que, dans les cinq thèmes retenus pour les débats, il y a de tout et n’importe quoi : « se déplacer, consommer, se loger, produire et se nourrir ». Qui aurait dit que pour lutter contre le réchauffement climatique, il fallait instaurer la semaine de 28 heures, payée 35 ? Ils l’ont dit ! En dernière minute, cette mesure ridicule a été supprimée. De son côté, Emmanuel Macron a retenu en bloc ce catalogue de bonnes intentions de 600 pages, à l’exception de la suggestion surréaliste de limiter la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes, n’oubliant pas  le précédent du 80 km/h d’Edouard Philippe et la révolte des gilets jaunes, à l’exception aussi de la taxe de 4% sur les dividendes – pour ne pas fâcher ses sponsors – ainsi que la demande inadmissible de réécriture du préambule de la Constitution pour y introduire le néologisme de « crime d’écocide » ! Toucher à la Constitution est souvent se placer au-dessus des libertés publiques.

Le résultat de cette Convention citoyenne reste une compilation d’idées recyclées, de solutions qui n’en sont pas, de pensées magiques et, parfois aussi, de bonnes intuitions. Mais, comme l’ont regretté beaucoup, c’est la promotion d’une écologie punitive, à coups d’interdictions de brimades, de contraintes, de punitions, de sanctions et de taxes, dans une logique de décroissance et d’appauvrissement collectif. On nous a expliqué que les 150 personnes tirées au sort ont été encadrées. Par qui ? Par des activistes de l’écologie militante comme Laurence Tubiana, Thiery Pech ou Cyril Dion, avec comme « caution scientifique » Valérie Masson Delmotte, vice-présidente du GIEC dont on sait combien les conclusions sont controversées. Dans cette « usine à gaz », les naïfs ont été faciles à manipuler et les plus virulents ont pu s’imposer.

Les membres de la Commission, volontaires, ne sont qu’une minorité agissante acquise, de plus, à l’écologie forcée. Notre pays, parmi les pays industrialisés, est un des moins pollueurs du monde. Avant d’écouter les pythies de mauvais augure qui veulent installer une régression sans précédent, nos politiques feraient bien de développer un minimum de réflexion et de bon sens, en particulier de réindustrialiser la France d’urgence afin de redonner des emplois et la fierté de leur production aux Français… Si l’on comprend que la pollution au CO2 existe sur des endroits concentrés où il est opportun d’agir (villes, usines, etc.), il est infiniment prétentieux de penser que l’homme pourrait être responsable d’un réchauffement climatique prévu de tous temps et programmé par des phénomènes astrologiques  qui nous dépassent tous, comme aussi les périodes de glaciation, et contre lesquels l’humanité est parfaitement démunie. Nos ancêtres s’en sont accommodés et nous ferons de même.

Les propositions de la Commission citoyenne auront-elles le même sort que le rapport Borloo ? Finiront-elles comme les cahiers de doléances que des millions de naïfs ont signés dans les mairies lors du fameux « Grand débat », c’est-à-dire dans les broyeurs des préfectures ou accrochées à un clou dans la cabane au fond du jardin des préfets ? Pour la forme, certaines seront retenues, déjà actées par ailleurs, comme l’isolation des bâtiments ou autres propositions raisonnables et il y aura l’inévitable show de Macron pour saluer le « magnifique travail » des citoyens.

Etre chef d’Etat, ce n’est pas jouer à l’être ! Il y a de l’amateurisme de tous côtés. L’évolution climatique confiée à n’importe qui tiré au sort, la médecine d’urgence aux mains des politiques et la politique aux mains de scientifiques choisis, la police aux mains d’un joueur de poker, les enfants des écoles aux mains d’administrations folles, la justice qui vide les prisons de types incontrôlables, une élection présidentielle aux mains du Canard et de deux Parquetières acharnées et un Président folâtrant aux Antilles. Le « monde d’après » se dessine déjà, sous nos yeux, et de façon fort prévisible ; il est encore plus rempli de peurs du lendemain, de mépris des laborieux, de ces sentiments qui signent les fins douloureuses d’époques décadentes.

Pierre Nespoulous