La démocratie distributive

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« Le Gouvernement ayant pris la place de la providence, il est naturel que chacun l’invoque dans ses nécessités particulières. »

Or, l’Etat providence ainsi annoncé par Tocqueville il y a plus de 180 ans, n’a-t-il pas atteint ses limites et la démocratie distributive n’est-elle pas à bout de souffle ?

Certaines démocraties européennes, et en premier lieu la France, ont vu leurs appareils de redistribution sociale s’ajoutant à leur budget atteindre et dépasser 50% de leur produit national.

Or, la démocratie distributive a vu son exercice s’accélérer depuis les années 1980 dans un pays qui devait déjà faire face à la hausse inévitable des soins de santé, à l’allongement significatif de la durée de vie, au service indispensable des pensions de retraite.

Cette situation s’est également accélérée dans un pays qui a subi en moins de trente ans le choc structurel de nationalisations archaïques suivies des dénationalisations inévitables, dans un pays qui paye deux fois l’erreur dramatique des 35 heures, soit une fois pour y rentrer et maintenant une seconde pour en sortir.

La démocratie distributive s’est distinguée dans la distribution précisément du savoir en décidant que 80% des jeunes Français devaient être bacheliers et que la plupart d’entre eux devaient séjourner en université à la recherche de diplômes dont beaucoup sont devenus factices.

La démocratie distributive a donc vécu jusqu’ici de surenchères permanentes, dopées par des programmes électoraux successifs dont, quoi qu’on en dise, il reste toujours des traces coûteuses.

Laisser la démocratie distributive continuer sur son erreur conduit en 2050 les budgets globaux des Etats providence à consommer non plus 50% mais 100% des produits nationaux réalisant ainsi une collectivisation intégrale instrumentalisée assez curieusement par des Etats dits libéraux.

Nous n’échapperons pas à la nécessité de renverser la vapeur et de substituer à une politique de la dépense une politique de la recette.

Si nous n’avions pas cette résolution, nous devrions nous contenter de cette définition de George-Bernard Shaw « La démocratie est un dispositif qui assure que nous ne serons jamais gouvernés mieux que nous le méritons ».

Jacques Limouzy