La fin de la « République irréprochable »

Partager sur :

C’était il y a un an. Ils allaient « changer le monde », en finir avec une classe politique et ses méthodes d’un autre temps, celui, bien-sûr, des arrangements, des copinages et de l’impuissance. Le « camp du bien » l’emportait sur le « camp du mal », les « progressistes » sur les « arriérés ».

Très vite, les principes de la « République irréprochable » allaient être balayés par les scandales, avec les démissions des ministres François Bayrou, Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez et Richard Ferrand.

La presse vient même de découvrir que la ministre de la Culture et la ministre de Santé nageaient l’une et l’autre pour des raisons familiales en plein conflit d’intérêt.

Entre temps on avait connu un député « En Marche » cogneur, une autre qui vendait auprès de ses électeurs des visites de l’Assemblée nationale, une autre encore, ancienne cartomancienne, en délicatesse avec le fisc.

Et puis vint l’affaire Benalla. À 26 ans, l’homme a cumulé les faveurs du Président de la République : salaire de ministre, appartement luxueusement rénové (180 000 euros) de 200 m2 au bord de la Seine, voiture de fonction avec chauffeur, permis de port d’arme, accréditation secret-défense, grade de Lieutenant-colonel dans la réserve…

***

Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il confié les responsabilités de sa sécurité et ces faveurs à un vigile se comportant comme une petite frappe ? Autant nommer Cyril Hanouna ministre de la Culture ! Sanctionné par une simple mise à pied de 15 jours, l’Élysée a  d’abord cherché à étouffer l’affaire. Allégé de ses fonctions de sécurité le 2 mai, on le retrouve aux côtés du Président le 5 mai à Rodez, puis dans le bus des champions du monde… chargé selon M. Castaner de s’occuper de leurs bagages !

Benalla aurait dû être limogé dès les révélations de la presse. On a connu M. Macron plus réactif lorsque le chef d’État-Major des Armées avait exprimé ses critiques sur le budget de la Défense lors d’une audition au Parlement.

Emmanuel Macron vient d’exprimer ses réactions en primeur aux députés de sa majorité, faisant au passage applaudir Benalla pour les services qu’il lui avait rendu durant la campagne présidentielle. Sa dette devait-elle être honorée par les contribuables ?

Le ministre Castaner, chargé des Relations avec le Parlement, ne s’est pas montré durant les derniers jours ailleurs qu’à la buvette et dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Quant aux députés LREM, ils ont fui les médias et quitté les réseaux sociaux : tous aux abris, dans la peur de nouvelles révélations. Et la presse s’est vue reprocher par le Président un procès en règle. Il y a du Trump qui sommeille sous Macron.

Quelques rappels pour conclure : c’est le même gouvernement qui veut museler le Parlement en limitant le droit d’amendement. C’est ce même gouvernement qui avec la loi sur les « fake-news » veut trier dans l’information ce qui ressort selon lui du vrai et du faux ! C’est ce même gouvernement qui donnait des leçons de civisme et de comportement aux policiers et gendarmes lors d’opérations de maintien de l’ordre avec des immigrés clandestins à Calais.

Mensonges, accaparement de tous les pouvoirs, couverture d’actes violents, majorité parlementaire aux ordres, le macronisme sombre au bout d’un an dans le ridicule et l’immoralité. La « République irréprochable », c’est fini.

Bernard CARAYON,
Président de la Fédération LR du Tarn