La Frondeuse et les élections sénatoriales

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Mon Neveu,

Comme sous la fronde de 1650 nous avons dans le Tarn une “Grande Mademoiselle”.

Linda Gourjade députée de Mazamet, de Lavaur et de la moitié de Castres a choisi d’apparaître dans notre sympathique confrère “La Montagne Noire”, l’un des plus vieux quotidiens de France, pour dire ce qu’elle pense du Premier ministre, pour justifier son abstention récente et pour annoncer qu’on devra la compter désormais au nombre des 31 frondeurs du Parti socialiste.

Cette déclaration est faite avec solennité puisque Madame Gourjade s’expose en tailleur en première page de la publication et en pull-over à l’intérieur. Cet effort de présentation étonnera peu de la part d’une personne à qui une taille avantageuse a toujours permis de dominer les situations.

Que doit-on penser ? Simplement que cette dame a peut-être raison de fronder. Mais, si comme elle le dit, le Président Hollande n’a pas tenu ses promesses, la faute en est à ceux qui comme Madame Gourjade l’ont cru.

Tout cela fait que Madame Gourjade ne prend guère part aux élections sénatoriales où elle est pourtant grand électeur. Le sait-elle ? En tout cas à ce jour, elle paraît s’en fou… royalement !

Le moindre devoir d’une parlementaire aurait été de dire à ceux qui l’ont élue pour qui ils doivent voter et au minimum pour qui elle vote elle-même.

Et puisqu’il y a tant de candidats qui disent ou surtout qui ne disent pas qu’ils sont socialistes, nous aimerions recevoir quelques lumières d’une personne qui ne peut que voir loin puisqu’elle observe de haut.

Il faut dire que le Gouvernement est comme Linda Gourjade ; il se soucie si peu des élections sénatoriales qu’il se conduit comme s’il avait l’intention de les perdre.

Il y a cette Madame Vallaud-Belkacem qui vient de bousculer les derniers maires hostiles à la réforme des rythmes scolaires alors qu’ils sont tous délégués sénatoriaux.

Il y a la notification des amputations budgétaires que reçoivent ces mêmes maires.

Il y a les imprudences, comme celles qui consistent à épouvanter la galerie des professions réglementées, notaires, huissiers, kinés, infirmières libérales, pharmaciens et bien d’autres.

Si bien que dans le Tarn, la gauche bien que chargée en candidats ne se bat guère pour le Gouvernement et il n’y a plus que Madame Gourjade qui soit socialiste et elle ne se présente pas !

A droite, par contre, une fois n’est pas coutume, c’est l’union et la clarté, l’UMP et l’UDI sont d’accord. Il y a deux sièges et il n’y a que deux candidats : Jacques Thouroude et Philippe Bonnecarrère.

Célestin

(1) La Fronde, que certains ont qualifiée de prémices à la Révolution française, est une série de révoltes entre 1648 et 1653 se propageant dans l’ensemble du royaume. Révoltes féminines car jamais autant de femmes n’y ont participé.

La Fronde en dentelles

A l’origine, il y a quelques jolies dames “évaporées, velléitaires ou capricieuses”, excitées à l’idée de s’occuper d’affaires politiques. Un vent de folie se souleva et l’on vit Mme de Longueville, Mme de Chevreuse, Melle de Montpensier et la belle Anne de Gonzague pousser des hommes tels que La Rochefoucauld ou Condé aux pires extrémités car ils allaient passer allègrement du camp du Gouvernement à celui de l’opposition.