La légende des cycles

L’on connaît l’expression d’Antoine Blondin, parodiant Victor Hugo. Il s’agit du Tour de France. A la suite d’une pétition adressée au directeur de la course Christian Prudhomme et à l’organisateur Amaury Sport Organisation, le Tour de France a, en 2020, mis fin à la tradition des deux Hôtesses protocolaires remettant les récompenses aux vainqueurs.

La pétition avait recueilli 38 000 signatures, estimant que « les femmes ne sont pas des objets, pas des récompenses ». A la suite de cette éventualité, plusieurs cyclistes avaient exprimé au Parisien leur déception, le belge Van Avermaet ou Julien Alaphilippe, mascotte du vélo français. Et le féminisme militant n’a pas demandé à ces jeunes femmes leur quotidien, leur condition, leurs désirs. L’une d’entre elles, Noémie Haliouna, a donné son avis : « Tout le long de mes études, j’ai fait des petits boulots d’hôtesse, cela m’a permis de payer mes vacances et mes sorties. Sous couvert de libération de la femme, vous voulez restreindre leurs libertés. Allez plutôt défendre celles qu’on oblige à porter une burka, cela sera plus utile. »

Historiquement, le vélo a pourtant été un facteur d’émancipation de la femme. La cause féministe, si belle et si juste dans son principe – l’égalité des droits dans tous les secteurs de la vie, familiale, professionnelle et sociale – est dévoyée par une idéologie qui voudrait instaurer une guerre civile entre les sexes. Certains oublient un genre neutre qui les réunit au contraire, celui qui désigne « les humains » : l’homme, qu’un humoriste avait défini comme « substantif embrassant la femme ». Avec des dérives qui oscillent entre ridicule et grandiloquence, comme l’acharnement mis par Emmanuel Macron à les séparer, usant d’un « celles et ceux » qui remplace le « ceux » tout court.

A la place de ces ravissantes jeunes femmes, il y a donc – parité oblige – un hôte et une hôtesse sur le podium, comme des potiches. Mais quid alors pour le lobby LGBT dont les bisous sont de plus en plus agréés par la République ? Les commentateurs devront porter une grande attention à leur vocabulaire, le terme de « pédale » devra être, pour le cyclisme, remplacé par « étrier poussoir ». Aux yeux des intégristes du féminisme, pour qui leur doctrine est une cause trop sérieuse pour le laisser dans la futilité, l’inutile et le léger, il est hors de question de plaire et de montrer, avec la grâce, la belle image de la femme, Il faut dire qu’ils ne sont pas aidés par ceux qui sont chargés de défendre leur cause : Marlène Schiappa qui fut pendant trois ans Secrétaire d’Etat à la condition féminine s’étant fendue, avant de prendre ses fonctions, de plusieurs romans pornos aux titres susceptibles de choquer les personnes prudes !

Jusqu’où l’angoisse de manquer le train stupide d’une évolution que notre faiblesse rend irrésistible conduira-t-elle nos élites ? L’influence des lobbys est de plus en plus manifeste. Les intégristes de la repentance, du féminisme, de l’écologie punitive et autres extrémistes minoritaires mais bruyants du « politiquement correct » nous cassent les …oreilles !

Pierre Nespoulous