La mise en congé

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Mon Neveu,

Je suis frappé par l’incapacité des Républicains à trouver une formule répondant à leurs interrogations.

Bien sûr, lorsque l’on se veut un parti d’opposition, il est difficile d’admettre que certains de ses membres et non des moindres constituent une part non négligeable du Gouvernement d’Emmanuel Macron, surtout avec en tête le Premier ministre.

Chacun admettra que cette situation n’est pas claire. Mais il se trouve que si l’on veut légitimement les exclure, on ne peut aisément y parvenir.

Or, cette situation s’est déjà présentée dans notre histoire politique.

Vous êtes trop jeune, Mon Neveu, pour avoir connu les congrès annuels du Parti Radical, salle Wagram à Paris et la guerre des Edouard : Edouard Herriot, Edouard  Daladier et plus tard Edgar sans « d » comme Edgar Faure.

Lorsqu’une personnalité du Parti Radical entrait dans un gouvernement qui n’avait pas l’aval de son parti, on la mettait tout simplement en congé.

Edgar Faure, dont on connait l’attachement pour le général de Gaulle, ne fit pas autrement et devint Ministre de l’Education nationale, de l’Agriculture puis Président de l’Assemblée nationale en congé du Parti Radical en attendant les doubles appartenances qui existèrent toujours.

Les Républicains gagneraient à mettre en congé toux ceux qui leurs posent problème.

Ce qui voudrait dire qu’ils ne seront plus engagés par ce qu’ils feraient tout en gardant la possibilité d’accepter de les voir revenir un jour ou l’autre.

Célestin Crouzette