La réforme et la révolution

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Le principe des réformes est de s’en prendre aux antériorités et de faire bouger ce qui résiste avec ce qui n’existe pas encore.

Chaque sujet de réformes a ses opposants qui, si le projet traîne, deviennent vite majoritaires.

Vaut-il donc mieux, au lieu de réformer en détail, réformer en bloc, afin d’obtenir que les différentes oppositions deviennent contradictoires ?

Cette méthode déconcertante semble aujourd’hui être celle du Gouvernement.

La grève des cheminots n’empêche pas, avant de savoir qui va gagner, de réformer les institutions et d’ouvrir les chantiers de l’apprentissage, de l’assurance chômage et de la formation permanente.

Ces entreprises pleines de risques sont conduites en même temps contre des adversaires ici, qui peuvent être des amis ailleurs.

Mais si l’on réforme en même temps et partout, n’est-ce pas une révolution ?

La grande marque des révolutions qui réussissent, c’est de revenir à leur point de départ. Après Louis XVI en 1793, ce sera vingt-deux ans après Louis XVIII en 1815. (Si ce n’est toi, c’est donc ton frère !)

Mais que la France avait changé entre ces deux dates.

En Russie, il a fallu 80 ans pour aller de Nicolas II à Wladimir Poutine. Là aussi, tout est pareil sauf qu’au lieu de succéder à son père, on se succède à soi-même.

La Russie est redevenue ce qu’elle avait été (Oubliant les 80 ans de Lenino-Marxisme et de totalitarisme Stalinien), c’est-à-dire la Sainte Russie avec son église orthodoxe et son Tsar fondateur d’une dynastie où l’on se succède à soi-même.

Ça ne se passera pas comme ça avec Emmanuel Macron.

Les réformes du Président ont chacune des partisans et des adversaires mais ils ne sont pas les mêmes partout. Il vaut mieux aujourd’hui s’en remettre aux signes qui ne trompent pas.

Si Monsieur Bayrou, comme on l’annonce, entre en opposition, le Président est sauvé.

Nous en reparlerons.

Jacques Limouzy