La Vème République est aussi parlementaire

Dès lundi, le succès d’Emmanuel Macron a été salué à la Bourse de Paris par une hausse de 5 % qui tendrait à accréditer en premier, l’image que Monsieur Bayou avait donnée de lui.

Tout change. François Bayrou a dit le contraire et l’élection de l’inattendu Monsieur Macron est devenue probable, seul le score à intervenir fait débat.

Le moment semble donc venu de rappeler que si cette république est présidentielle, elle est aussi parlementaire et que selon sa constitution c‘est le Gouvernement qui détermine et conduit la politique de la Nation.

Ce sont donc les élections législatives qui vont donner au Président le devoir de désigner un Premier ministre capable de conduire une majorité de gouvernement qu’elle soit ou non celle qu’il souhaite, ce dont en définitive on ne sait rien.

Or, ces élections législatives ne seront pas exactement celles qu’on attendait, car leur caractère bipolaire sera largement atténué par la présence de nombreuses triangulaires, dont l’issue incertaine risque de donner à la future Assemblée une image plus corpusculaire que monolitique.

La question d’y trouver un Premier ministre ayant la personnalité et la densité politique suffisante pour fonder une majorité se posera au Président.

Dans les équipes du quinquennat finissant, rien ne subsistera sauf Mr Macron lui-même qui en est issu et Mr Hamon, illusionnisme de grande facture, qui a cru bon d’éliminer ce dernier homme de gouvernement qu’était Manuel Valls.

A droite, les personnalités sont certes plus nombreuses mais les Républicains n’ont plus de chef. Lorsque François Mitterrand dut se plier à une cohabitation, il désigna le chef de l’opposition Jacques Chirac puis Edouard Balladur. Lorsque le Président Chirac dut entrer en cohabitation, il le fit avec Lionel Jospin qui n’était guère contesté à gauche. Reste le centre sans mesure et sans poids.

Emmanuel Macron ne va pas disposer de cette aisance dans le choix. Il devra certainement tenir compte que le point d’équilibre est à droite et qu’il n’y aura rien à espérer des parlementaires de gauche de Jean-Luc Mélenchon en proie au romanesque gauchiste des républiques bolivariennes.

Il n’y a pas de raison pour que les candidats de la droite et du centre soient battus. Ils sont déjà désignés et il n’y a pas lieu de revenir dessus.

Le Président Macron aura deux oppositions, l’une sur sa droite avec le Front national, l’autre avec la gauche avec Jean-Luc Mélenchon.

Il lui sera impossible de s’imposer surtout s’il est viscéralement considéré par certains comme le successeur de M. Hollande. Il sera donc obligé de trouver son chemin entre ses élus numériquement choisis mais dont le succès est incertain et ceux des républicains et du centre.

Dans une assemblée corpusculaire, il sera impossible de trouver une majorité cohérente sans une présence majeure de la droite et du centre.

C’est maintenant dans cette direction que le vote s’impose aux législatives.

Jacques Limouzy