L’absolution de Monsieur Hollande n’aura pas lieu

Peut-être éprouvé d’avoir été une puissance négative responsable de l’échec de François Fillon, Nicolas Dupont-Aignan a décidé d’être en puissance positive en se portant au secours de Marine Le Pen mais cela ne suffira pas probablement pas.

Encore que les sondages, grands triomphateurs du premier tour, nous montrent que l’espace politique dont peut disposer Emmanuel Macron se réduit chaque jour un peu plus et à ceci s’ajoute que beaucoup de ceux qui voteront pour lui ne lui sont pas tout acquis.

Avec cette habitude bien française de faire apparaître l’élection suivante dans celle qui ne devrait être que celle d’aujourd’hui et qui s’accroit avec la proximité, on peut croire les élections législatives déjà commencées. Car il devient clair que, dans cette élection présidentielle, Monsieur Macron a, comme on le dit trivialement, le derrière entre deux chaises.

La première est celle de son passé que, même s’il ne le souhaite pas, François Hollande, avec une imprudence évidement volontaire, rappelle en invitant à voter pour lui.

La seconde est celle du lendemain où il devra constater que les majorités présidentielles et parlementaires sont semblables ou contradictoires.

Il semble naturel aujourd’hui que François Hollande recherche dans cette élection l’absolution de ses propres échecs à travers le succès d’Emmanuel Macron qui est celui que l’on considère trop comme son fils adoptif, prodigue ou infidèle même s’il s’en défend.

« Je t’aimais inconstant, qu’aurais-je fais fidèle ? » (Racine/Andromaque).

Qu’Emmanuel Macron refuse une filiation trop abusive n’empêchera pas beaucoup, qui se résoudront à voter pour lui, de penser que son succès reste trop une indulgence qui loin d’être plénière reste provisoire puisque l’on pourra voir les élections législatives refuser d’accorder l’absolution à François Hollande !

Jacques Limouzy