L’Ancien Régime

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La Troisième République va bientôt entrer dans l’Histoire car lorsqu’auront disparu ceux d’entre nous qui ont vécu sa fin dramatique et qu’elle ne sera plus la jeunesse de personne son souvenir solidifié s’inscrira après beaucoup d’autre dans le destin aventureux de la plus ancienne des Nations.

Comment ne pas voir que c’est elles, avec sa fille restaurée, la Quatrième république qui vécut peu, qui sont l’une et l’autre depuis 1958 notre Ancien Régime.

Depuis 1789, révisions et restaurations firent découvrir des pratiques politiques salutaires comme elles illustrèrent aussi ce qu’il ne fallait pas faire car les gouvernements qui naissaient commençaient à mourir et trop souvent leur énergie s’épuisait à retarder leur chute.

Cette situation était indigne d’un peuple dont les énergies restaient intactes et l’avant-dernier Président du Conseil de cette République agonisante déclarait « Il est clair que nos libertés ne seront sauvegardées que si l’autorité, la force et le prestige redeviennent avec la durée les attributs du pouvoir. »

Ce vœu est accompli. Il y a maintenant soixante-ans que cette République existe, elle n’est pas qu’une découverte, elle est aussi par sa constitution un extraordinaire chef d’œuvre du droit public français qui annonce qu’elle peut durer longtemps.

Voulue par de Gaulle, confirmée durant quatorze ans par François Mitterrand qui n’y changea pas un « iota », elle est aujourd’hui devenue apolitique et intemporelle et en plus elle est unique en Europe où des grands Etats ne sont plus à même de constituer des gouvernements durables.

Ceci pour dire aux constituants de toute obédience que l’Ancien Régime ce n’est pas avant 1789, c’est aussi et maintenant avant 1958 et qu’il ne faut pas revenir en arrière avec des proportionnelles de rencontre qui mettraient en péril ce fait majoritaire qui est le fondement non écrit de la Constitution.

Jacques Limouzy