Larguez les voiles ! 

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Capture écran

C’est un terme de marine, mais « Larguez les voiles » peut aussi servir pour illustrer l’actualité. Vendredi dernier 11 Octobre, lors d’une sortie scolaire au Conseil Régional de Bourgogne, l’élu Julien Odoul (photo) demanda à la Présidente de l’Assemblée de faire retirer le voile islamique à une accompagnatrice. Les éléments étaient prêts pour que se mît en place un mécanisme d’ampleur nationale, selon la gradation : provocation – instrumentalisation – pleurnichage victimaire. A posteriori, l’innocente maman se révéla beaucoup moins innocente qu’on pouvait le penser. Les propagandistes islamistes et leurs alliés de gauche mettent en avant le « traumatisme » subi par la femme voilée, le choc subi par ses enfants, et les bonnes âmes s’émeuvent !

Islamophobie – et dans un tout autre domaine scepticisme climatique – sont les nouvelles tares inacceptables, et les téméraires qui osent s’élever contre la doxa officielle sont débusqués avec la dernière énergie. Crier au Zemmour comme les petits enfants crient au loup reste bien aisé. Ne pas voir les risques de l’emprise des extrémistes sur l’islam est une faute, ne pas vouloir en discuter est une honte. L’imam Tarek Oubrou lui-même, recteur de la mosquée de Bordeaux, déclarait au « Point » le 13 juin dernier : « Depuis les années 1980, l’islam en France est entré dans une surenchère des pratiques et des revendications, provoquant des réactions de plus en plus hostiles. Pour moi, la « discrétion » est aujourd’hui la seule solution pour préserver la démocratie ». Les « bonnes âmes » citées plus haut en oublieraient presque les morts de Charlie Hebdo, du Bataclan, Mohamed Merah, les morts de Nice, l’égorgement du père Hamel et le drame tout récent de la préfecture de police. Si les populations occidentales ne parviennent pas à se blinder par rapport à ce genre de manipulation, à travers un esprit de résistance, elles sont mal parties !

On peut tout à fait dire qu’on déteste les curés, mais on ne peut toujours pas le dire des musulmans. Ceux-ci, à l’épiderme très sensible, ignorent sans doute qu’ils sont mieux traités que les catholiques au début du XXème siècle. A cette époque, la laïcité, que l’on invoque tant à propos de la loi de 1905, fut essentiellement socialiste et anticléricale. Elle suscita une chasse agressive des congrégations et des paroissiens. On « bouffait » alors du curé et rien n’était épargné aux « calotins ». Ces temps sont révolus, fort heureusement. Il ne faudrait pas qu’ils ressurgissent par le seul fait de l’intolérance de ceux qui n’acceptent pas dans la vie publique une laïcité sans l’ostentation provocatrice des confessions et des convictions de chacun.

Une Nation ne se construit pas sur les différences qui ne font que diviser, mais sur ce que les gens ont en commun et qui les rassemble. Et si l’on peut y ajouter un brin de respect de l’autre, ce n’est pas plus mal. Mais qui se soucie encore de la politesse et du respect des convenances quand on est mû par des revendications identitaires menées sous pavillon religieux ? Naguère, on parlait simplement de s’accoutumer aux usages. Quand je suis chez mes amis japonais, je dois me déchausser et je ne me sens pas humilié. C’est ainsi que Saint Augustin, citoyen de Thagaste, Souk Ahras dans l’actuelle Algérie, avait reçu cette sage consigne d’Ambroise de Milan avant de se rendre  en Italie : « A Rome, vis comme les Romains ; si tu es ailleurs, vis comme on y vit »…

Les anciens se souviennent que Bourguiba, le pionnier de la Tunisie moderne, avait proscrit le port du voile, qui n’est d’ailleurs pas imposé par le Coran. C’est donc bien un signe de radicalisation et de soumission de la femme. Non pas le simple fichu de nos grands-mères, mais celui qui affiche une différence, refuse l’assimilation à la nation qui accueille et lui jette ce refus à la figure : c’est bien là du communautarisme, religieux, islamique. Est-ce pour se distinguer et affirmer volontairement une « identité musulmane » ou par obligation familiale née d’une tradition de soumission à une société patriarcale ? Ce voile n’est pas un vêtement mais un signe. Je plains les petites jeunes que je vois dans la rue, voilées, en jeans et branchées sur leur iPhone. J’ai envie de leur dire qu’elles seraient les premières à pleurer d’une instauration de la charia !

Le peuple français ne prend pas encore conscience de l’effacement de ses illusions humanistes, la fin des Lumières coïncidant, tragiquement, avec le retour de ténèbres. Le vide des croyances judéo-chrétiennes s’accentue de jour en jour. Le vide, ou l’autre nom du chaos…

Pierre Nespoulous