L’artilleur du matin

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Est-ce une arlequinade de plus que ce coup de canon prématuré tiré dans le ciel encore pour les futures municipales par Philippe Folliot qui, depuis le promontoire de Saint-Pierre-de-Trivisy où il a été maire, rappelle que s’il est député de la moitié d’Albi, il l’est aussi de la moitié de Castres.

La sympathie analytique que j’ai, depuis longtemps pour Philippe Folliot, m’empêche de croire que l’ouverture des élections à laquelle il procède à l’aide d’une agression initiale du maire de Castres, Pascal Bugis, est la seule et même véritable raison de l’intéressé.

En réalité, Philippe Folliot est soumis à un sortilège qui ne cesse de peser sur lui depuis les débuts de son parcours. C‘est un embrouilleur politique, c’est un machiavel de café-concert qui peut aller jusqu’à se tromper lui-même.

Lorsqu’il a de nouveaux amis, j’ai tendance à les plaindre ; ils auront à le supporter ou à ne plus le suivre, déçus de la diversité de ses adhésions.

J’aurai voulu ne serait-ce qu’une fois voter pour lui mais je n’ai jamais pu y arriver.

Pourtant, je ne peux plus m’en passer ; chaque fois que je le vois faire une bêtise, je suis content, c’est bien lui. Quand il en réchappe, c’est pour en faire d’autres.

Cet artilleur du matin est un de ceux qui savent que même les échecs sont porteurs de rédemption. Folliot est un homme de convictions, et le fait qu’il en aient plusieurs ne rend pas cette appréciation négative car beaucoup sont comme lui.

Comme on dit en matière de fringue, Philippe Folliot est « tendance » jusqu’à devenir une curiosité politique.

Aussi, en prévision des élections municipales, a-t-il monté au maire de Castres ce qui dans notre jargon politique nous appelons un turbin. Et un turbin, ça doit partir d’assez loin.

Ce turbin, Philippe Folliot s’en est-il rendu compte, se situe entre la lubie d’un enfant insatisfait et l’usine à gaz prétentieuse d’un imaginatif suicidaire.

Aujourd’hui, Philippe Folliot a entamé un bout de chemin avec « En marche » dont les responsables auront tort d’imaginer qu’il peut devenir définitif, car ce qui est définitif chez lui, c’est le provisoire.

Mais que le Maire de Castres ne se trompe pas, ce n’est pas Machiavel qui est devant lui car la politique nous l’avons dit peut être aussi romanesque, genre que Philippe Folliot a remis à l’honneur avec succès en politique,

Comme l’était Philibert Besson, Philippe Folliot est un personnage de roman. Chez Alphonse Daudet il aurait été non pas Numa Roumestan mais Tartarin de Tarascon.

Et on ne peut pas détester Tartarin !

Jacques Limouzy