L’Attila des cultures jette l’anathème
sur le site de Sivens

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Mon Neveu,

Le site de Sivens serait-il maudit ? On pourrait le croire lorsque l’on entend l’Attila des cultures, devenu député européen, José Bové lui-même, jeter l’anathème sur le projet même réduit de la retenue d’eau de Sivens adopté par le Conseil général du Tarn.

José Bové ne manque ni d’estomac ni de culot lorsqu’il promet à Thierry Carcenac quatre ou cinq ans de procédures nouvelles qu’il aura soin de faire ouvrir à partir de la déclaration d’utilité publique d’après lui nécessaire à tout nouveau projet.

Cette position ne peut que révéler la présence occulte de M. Bové dans le roman de cape et d’épée qui se termine aujourd’hui avant de reprendre demain selon lui.

Paysan, José Bové s’est fait écologiste alors qu’il n’est ni l’un ni l’autre et reste un agitateur qui vit et prospère de son agitation.

José Bové est un survivant de la génération du Larzac

Des barbares passèrent jadis sur le Larzac laissant leurs scories encore visibles. Ils avaient un moment suscité l’espérance des naïfs, le rêve des sots, l’intérêt des incapables.

Le Sud-Aveyron survécut à cette misère, se souvenant des sorciers irresponsables.

Vers quelle cause nouvelle à défendre, vers quelle contrée à dévaster étaient-ils partis, abandonnant à ceux qu’ils avaient égaré de leur verbe, de leur suffisance et de leur sottise, ce petit morceau désormais funèbre de la planète : Le Larzac. A Sivens, ce sont leurs enfants qui étaient là !

Et cependant, il restait au cœur du Larzac une fragile lumière qui ne demandait qu’à être réanimée.

Et cette lumière était José Bové !

Aujourd’hui, la promotion médiatique de José Bové pourrait faire croire à des complicités inavouables, tant il est constant que les télévisions sont toujours prêtes à souligner chaque désordre qui passe. Il faut cependant croire que cette manipulation évidente de l’opinion relève beaucoup plus de la jobardise générale que de leur complicité. Pêchant par omission, les médias ne donnent de l’intéressé qu’une image fugitive et momentanée. Car la tripe paysanne de José Bové est singulièrement suspecte.

Né d’un père et d’une mère tous deux scientifiques de haut niveau, brillants chercheurs, enseignants de l’Université de Berkeley aux Etats-Unis, le Petit Paysan alors âgé de 3 ans fut élevé jusqu’à 15 ans, en Amérique.

Nous assistons depuis à une longue série de succès.

Outre les grands rassemblements pacifistes, les raids de commandos à bord de tracteurs, le Petit Paysan est condamné en 1976, à quatre mois de prison avec sursis.

Laissant sa compagne s’occuper des moutons, des brebis, du fromage, il construit une organisation anarcho-syndicale dure qui n’épargne personne, pas même les collaborateurs d’un Ministre socialiste qu’il séquestre en pleine préfecture de Rodez.

Les condamnations pleuvent notamment pour la destruction du Mac Donald de Millau. Mais elles sont avec sursis.

Pacifiste, libertaire, à tendance Lenino-Trotskyste, Bové récupère tout, de l’écologie militante, à l’extrême-gauche.

Bien entendu, le Petit Paysan fit dans l’arrogance. Cette audace fut payante. On accepta que José Bové purge sa peine dans une association pastorale du Larzac tenue naturellement par ses compères.

Il est certain que l’Ayatollah à moustache qui a sévi jadis dans les destructions de récoltes vient de déclarer que tout nouveau projet sur le site de Sivens sera contesté.

Quoi de plus étonnant quand on sait qu’il a trouvé sa place au sein de ces sectes libertaires, hérétiques de la véritable écologie.

Les paysans du Tarn ne sont pas aussi intelligents que Monsieur Bové pour raisonner de travers. Ils ont un besoin légitime d’eau et ils aménagent donc la nature pour en avoir.

C’est ce que fait l’homme depuis qu’il est devenu sur terre, agriculteur et pasteur. Il a perfectionné les plantes et les animaux destinés à son alimentation. Quoi de plus surprenant qu’il continue avec les précautions nécessaires, précautions qui n’ont cessé elles aussi de faire des progrès.

Monsieur Bové est trop intelligent pour ne pas le savoir. Il est vraisemblable qu’il ne croit absolument pas à ce qu’il dit mais il a trouvé le filon indispensable à son agitation selon la plus pure tradition de l’agit-prop de tradition marxiste dont l’effet est de tromper les jobards en multipliant les victimes.

Si par hasard M.Bové était sincère, alors, il faudrait le placer au nombre de ceux qui croyaient que la terre était plate, que le sang ne circulait pas, qu’il fallait empêcher les chemins de fer de passer ou qui croient aujourd’hui que l’électricité ne doit pas être nucléaire et peut être aisément remplacée par des moulins à vent, ou encore qui déclarent qu’il ne faut d’autoroutes que celles qui ne coûtent rien et qui ne passent nulle part.

Je vous salue, mon neveu, la chandelle à la main au cas où Monsieur Bové arrêterait le nucléaire !

Célestin Crouzette

252ème lettre de Célestin Crouzette, propriétaire exploitant à la Montagne, à son Neveu, Innocent Patouillard, contribuable Castrais