Le 5 Mai 1821

La tombe de Napoléon aux Invalides

Nous disons aux « déboulonneurs » de statues et autres démolisseurs de réputation, que nous savons aussi bien qu’eux, qu’Alexandre, Jules César, l’Empereur Charlemagne ou Napoléon Bonaparte ne sont pas sans péchés.

Mais nous avons, nous, la fâcheuse habitude de globaliser nos jugements à la dimension du personnage qui les motivent.

Comment ne pas le faire à propos de celui qui déclara : « De Clovis au Comité de salut public, je me sens solidaire de tout ».

L’Empereur Napoléon n’a-t-il pas fait placer la dépouille du Maréchal Turenne aux Invalides parce qu’il le considérait comme le plus grand homme de guerre de son temps et le fait que l’Armée française, à la même époque, ait dévasté le Palatinat ne l’empêcha pas de le faire.

Pareillement, Clémenceau n’a-t-il pas dit qu’il considérait « La Révolution française comme un bloc dont on ne peut rien distraire ».

Nous ne pouvons qu’inviter ceux qui se bornent dans la solitude d’un seul regard sur un personnage d’une telle dimension à retrouver l’universalité d’une appréciation générale.

Le 3ème vol de l’aigle s’est élevé il y a deux cents ans, un 5 mai 1821, depuis l’Ile de Saint Hélène pour courir le monde.

De l’ombre de cet homme et de ce temps, la majorité des nations a surtout gardé le souvenir. Sa gloire persiste au cœur même des antériorités majeures de chaque nation et au nombre desquelles la Russie et surtout l’Angleterre qui fut pourtant son plus constant ennemi.

Jacques Limouzy