Le Comité européen des régions demande la création d’un « Erasmus des élus locaux et régionaux »

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© European Union / Fred Guerdin

Le Comité européen des régions, avait lancé en 2012 l’action préparatoire « Erasmus des élus locaux et régionaux », afin  d’améliorer l’expertise des élus dans la politique européenne de cohésion. Malgré le succès de l’initiative – plus de 1 000 candidatures reçues pour 100 places disponibles – il n’a pas été donné suite à ce dispositif.

A l’initiative de François Decoster (FR/ADLE), vice-président de la Région Hauts-de-France et maire de Saint-Omer, le CdR a adopté le 31 janvier un avis dans lequel il demande la création d’un programme « Erasmus des élus locaux et régionaux », basé sur l’expérience du projet pilote et mettant l’accent sur le volet formation.

« Les 91 000 collectivités locales et régionales, et donc les centaines de milliers d’élus locaux dans l’Union, sont le maillon indispensable entre l’Europe et ses citoyens, mais ils ne sont pas toujours formés sur les questions européennes avant d’exercer leur mandat. C’est pourquoi nous faisons campagne pour qu’un nouveau programme de formation et d’échanges destinés aux élus locaux et régionaux soit inclus dans le programme législatif de la Commission », a souligné François Decoster.

Mercedes Bresso (IT/S&D), membre du Parlement européen, et Présidente du CdR au moment où le projet pilote avait été lancé en 2012, est intervenue pour souligner : « Pour accompagner les défis actuels, la politique de cohésion a évolué au cours des dernières années et évoluera probablement encore après 2020. De nouveaux instruments et nouveaux fonds ont déjà été créés et afin de les utiliser au mieux, un projet comme cet Erasmus pourrait s’avérer des plus utiles afin que les représentants élus soient pleinement formés à ces nouvelles opportunités. Les connaissances et expériences ainsi acquises par les élus représenteraient aussi un bénéfice certain pour les citoyens européens et l’UE en général ».

L’objectif du programme serait que, à l’issue de cette formation de base, les élus locaux et régionaux puissent engager des coopérations entre élus de différents États sur un même sujet afin, notamment :

  • d’approfondir leur connaissance des dispositifs européens;
  • d’échanger leurs bonnes pratiques;
  • de lancer de nouvelles initiatives locales et régionales;
  • de comprendre les tenants et aboutissants et l’esprit de l’intégration européenne afin qu’ils puissent mieux expliquer à leurs électeurs pourquoi et comment le projet européen peut leur être profitable.

S’agissant de la question du financement, le Comité suggère de partager les coûts entre les budgets de l’UE, des collectivités d’origine des élus participants et, le cas échéant, des organismes de formation bénéficiant de fonds publics dans certains États membres;

Parmi les prochaines étapes, le CdR appelle le Parlement européenne à soutenir l’initiative, comme cela a été le cas en 2012, en proposant d’inclure un projet dans le budget 2018, pour une mise en œuvre en 2019. Il conviendrait également de mettre en place rapidement un groupe de travail composé des représentants de la Commission, du Parlement et du Comité, afin de préparer et développer ce programme.

« Les institutions européennes ne peuvent ignorer cet appel car elles ont une part de responsabilité dans la formation de base des élus locaux et régionaux dans un objectif de meilleure connaissance de l’esprit de l’intégration européenne et des politiques de l’UE. A l’aube des élections européennes de 2019, il leur faut aussi de nouvelles idées pour renforcer le lien entre les citoyens et l’UE – les élus locaux peuvent aider en ce sens », a ajouté le rapporteur Decoster.

Le Comité européen des régions

Le Comité européen des régions est l’assemblée des représentants des pouvoirs locaux et régionaux des 28 États membres de l’Union européenne. Créé en 1994 à la suite de la signature du traité de Maastricht, il a pour mission d’associer les collectivités régionales et locales au processus décisionnel de l’UE et de les informer de ses politiques. Le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne le consultent à propos des politiques intéressant les régions et les villes. Pour siéger au Comité des régions, ses 350 membres et leurs 350 suppléants doivent tous être, dans leur région ou commune d’origine, soit titulaires d’un mandat électoral, soit politiquement responsables devant une assemblée élue.