Le coucou

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Dimanche dernier, le président du MoDem, l’ineffable François Bayrou, a tendu la main à Jean Louis Borloo, fondateur d’un nouveau rassemblement centriste, l’UDI, regroupant des centristes, des radicaux et des indépendants.

“Un nouveau nid ? Chouette, il faut que j’y pose mon œuf !” Triste façon de faire croire qu’il a de l’influence alors qu’il a retourné sa veste sur tous ses beaux principes. Passé par-dessus bord, éjecté par le capitaine de pédalo, il cherche une bouée de sauvetage pour refaire surface. Qu’a-t-il derrière la tête ? Pense-t-il qu’il va pouvoir ses servir de l’UDI comme il avait utilisé l’UDF avant de l’essorer ? “Baise la main que tu ne peux pas encore couper” dit un proverbe arabe. Est-ce un job de politicien, d’être capable d’avancer sans dignité et sans honneur, mais sans scrupule ? Finalement, les “guignols” de Canal+ n’étaient pas loin de la réalité. Il m’étonnerait que les électeurs du Centre aient encore envie de rallier son panache en sachant qu’il a largement contribué à nous mettre dans la panade.

L’UMP n’est plus la machine de guerre que Chirac avait fabriquée en 2002 et le besoin qui se fait même une nécessité pour la droite française est un centre droit modéré, plus provincial, dont le vivier a été asséché, voire détruit. C’est ce que représentait l’UDF lorsque François Bayrou en a pris le contrôle en 1998, un des grands partis politiques français qui traitait avec le RPR d’égal à égal, qui a donné un Président de la République, une Présidente du Parlement Européen, un Premier ministre, un Président du Sénat, de nombreux Présidents de Conseils Généraux et des maires de grandes villes, Lyon, Marseille, Toulouse ? L’UDF comptait 215 députés en 1997. François Bayrou en a fait le MoDem, il lui en reste deux ! Il a réduit ce centre à ce qu’il est en géométrie : un point ! A sa place, un Romain fût rentré chez lui.

Avec ce piètre effectif, il a fait le grand écart avant de plier le genou devant Normal Ier, qu’il avait fait élire, espérant qu’on lui confierait un strapontin. Lequel l’a laissé à la porte du château. L’UDI n’a sans doute pas besoin de lui. Ce qui reste du MoDem doit s’interroger avant de répondre à l’UDI : “Où sommes-nous sur la balance politique ?” Car beaucoup de français sont plus attirés par un centre droit de bon sens que par une gauche jugée trop idéologique. “J’ai toujours été un militant de l’unité du centre pour que le centre existe dans la vie politique française” ajoutait-il à l’adresse de Jean Lois Borloo. Mais sa crédibilité pour parler de ce sujet a pris du plomb dans l’aile lorsqu’il a adopté une orientation pour le moins douteuse politiquement et économiquement. Il est naturel que les anciens de l’UDF lui en tiennent rigueur.

Tricard, condamné à la disette politique et médiatique, pour cinq ans, il n’y a pas de remise de peine possible. Il s’est laissé aveugler par la haine de Sarkozy, sotte et improductive. Nous avions écrit que son choix pour la présidentielle était un mauvais service qu’il rendait à ceux qui se sont embarqués dans son aventure. Il y a sans doute place au paradis pour les pêcheurs repentis.

Le silence favorise la méditation et, pour le latiniste distingué qu’il est, nous lui dédions le “Vae solis” (Malheur aux hommes seuls) tiré de l’Ecclésiaste, excellent à méditer. Et puis, Peillon a besoin de profs !…

Comment peut-on mourir, si personne ne sait qu’on est vivant ?

Pierre Nespoulous