Le Maire

La condition de maire est chargée de responsabilités et ces responsabilités sont pleines de grandeur.

Le maire doit tout faire et tout prévoir. Ce n’est pas un technicien, ce n’est pas un spécialiste, sa marge d’évolution est imprécise mais son activité est sans limite.

Seul le Maire, parce qu’il est à la tête de l’universalité de la commune, peut saisir ce qu’il y a de général dans les décisions publiques.

Comme l’Etat, il est en permanence, équilibre et arbitre.

Comme l’Etat, il doit, lorsqu’il engage, administre ou décide, s’adresser, par-delà l’exigence légitime de celui-ci ou de celui-là, de tel groupe ou de telle catégorie, à la conscience du citoyen, c’est-à-dire à l’intérêt général.

Et c’est peut-être pour cela que dans le passé l’épanouissement communal a été la base de la démocratie moderne et qu’il a toujours trouvé de profondes résonances dans notre vieux pays.

Ce n’est pas en arrachant ses racines que nous assurerons la croissance de l’arbre, mais nous devons lever les obstacles que rencontre la montée de la sève.

Si nous refusons de lever ces obstacles, l’Etat sera voué à la sclérose, si au contraire nous voulons tout refaire en détruisant l’arbre il sera voué à l’anarchie.

Ensemble, de l’Etat à la Commune, nous devons constamment définir le sens de notre démocratie, où les ambitions de la Nation s’appuieront sur deux supports naturels et nécessaires : un Etat qui assure l’élan et la justice et des collectivités qui assurent l’équilibre de la vie.

Entre le bien de l’Etat et le service des collectivités, il ne doit pas, il ne devrait pas exister de contradictions. Ces collectivités ne sont-elles pas, après tout, le visage territorial de l’Etat ?

S’il arrive aux lois de la fortune en politique de céder à quelques hasards ou même à l’inattendue, elles restent, plus qu’ailleurs, sensibles lorsqu’il s’agit d’élire 33.000 maires aux appréciations de l’antériorité.

Puisque le maire est agent de l’Etat, il est à la fin de la verticalité du pouvoir ou l’inévitable croisement s’opère avec l’horizontalité des territoires.

Aussi le maire est-il aujourd’hui le plus apprécié et le plus indispensable parce qu’il est le plus proche et le plus populaire des élus nationaux et territoriaux ?

Jacques Limouzy