Le Parlement sous contrôle ?

J’ai peine à comprendre la stupéfaction et même l’indignation qui ont été celles du Chef de l’Etat ainsi que celles de quelques dirigeants politiques à l’annonce du voyage en Syrie de quatre parlementaires français (Gérard Bapt (député PS), Jacques Myard (député UMP), Jean-Pierre Vial (sénateur UMP) et François Zocchetto (sénateur UDI)).

Dans la mesure où la France n’est pas en guerre avec une autre Nation, un parlementaire peut aller où il veut qu’il ait une mission officielle ou non, et dans ce dernier cas, à ses risques et périls. Les réactions d’aujourd’hui sont étranges ; durant près d’un demi-siècle de vie parlementaire, je n’ai gardé aucun souvenir de telles indignations.

En ce qui me concerne, je me suis rendu à l’étranger à plusieurs reprises comme député sans attendre l’autorisation du Gouvernement et notamment en 1994 en Yougoslavie durant l’affaire de Bosnie. Les relations diplomatiques avec la France étaient rompues, les embargos étaient nombreux et l’aéroport de Belgrade était fermé. J’étais arrivé en voiture depuis Budapest.

A mon retour, je fis part de sept pages de notes à l’Elysée et au Ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. Ni François Mitterrand, ni Alain  Juppé, ne manifestèrent un quelconque étonnement. Bien au contraire, je reçus une lettre de M. Juppé me remerciant pour la qualité de mes informations sur mon séjour qui s’était prolongé sur dix jours.

La situation en Syrie et son évolution pas toujours très claire de notre part, puisqu’elle était obscure par définition, mérite bien que parfois des yeux neufs s’y posent pour en rafraîchir la compréhension.

Jacques Limouzy