Le pénitent

Mon Oncle,

Nous avons un président qui prend à tout propos des allures de pénitent.

Il bat sa coulpe à propos de toutes les aspérités de l’histoire sans que cette humilité publique ne soit jamais récompensée.

Il y en avait été ainsi au début de son mandat lorsqu’il avait déclaré que la colonisation française était « un crime contre l’humanité ».

Mais Monsieur Macron ne se souvient plus qu’il a été jadis colonisé par les Romains jusqu’à devenir gallo-romain !

La plus grande réussite de Rome, c’est la France ! Monsieur Macron envisage-t-il d’inscrire César au nombre des grands criminels de l’humanité ?

Monsieur Macron sait-il que l’Afrique du Nord des berbères, des mercenaires de Carthage, des sujets de Massinissa ou des Numides de Jugurtha en est à sa troisième colonisation ?

Celle de Rome qui laissa, de la Tunisie jusqu’à l’Atlantique, des traces toujours visibles.

Celle de l’Islam arabe qui en moins d’un siècle la submergea jusqu’aux Pyrénées.

M. Macron ignore que cette deuxième colonisation, celle de l’Islam, fit disparaître ce grenier de Rome qui, ruiné, retomba dans un tribalisme sans destin et porteur sur la côte méditerranéenne d’asiles inexpugnables d’une constante piraterie.

Enfin, la colonisation par la France que M. Macron avait mise en accusation à Alger avec les mots les plus durs que ne lui demandaient même pas ceux à qui il s’adressait.

Emmanuel Macron vient de réitérer dans ses manières à propos de la manifestation du FLN de 1961 qui fut en réalité une émeute qui en suivait quelques autres sur le territoire métropolitain où 22 membres des forces de l’ordre avaient trouvé la mort et où le FLN ne manqua pas de régler ses comptes avec certains militants de Messali Hadj.

Quels que soient les excès certainement condamnables qui avaient accompagné ces émeutes, le Chef de l’Etat paraît en dissimuler sinon le coupable du moins le responsable principal de l’époque qui n’est autre que le Chef de l’Etat qu’il est aujourd’hui, c’est-à-dire le Général de Gaulle.

Si Monsieur Macron se trouve maintenant à la tête d’une Nation qui a plus de 2000 ans c’est parce qu’une succession de responsables publics ont porté le destin de la France quels que soient les événements qui ont pu l’illustrer.

Bonaparte ne déclarait-il pas « de Clovis au Comité de salut public, j’assume tout ».

Clemenceau à qui l’on parlait de la terreur ne déclarait-il pas : « La Révolution est un bloc dont on ne peut rien distraire ».

Le président s’il souhaite le rester devrait apprendre à porter avec lui le passif comme l’actif de la France dont le solde doit rester, entre ses mains, positif puisqu’il a plus de 2000 ans.

Je suis, mon Oncle, présidentiellement vôtre.

Innocent

276ème lettre d’Innocent Patouillard, contribuable Castrais, à son Oncle, Célestin Crouzette, propriétaire exploitant à la Montagne