Le petit cochon rose

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A cette époque de l’année, mon titre pourrait faire penser à un conte de Noël, un conte pour enfants. Il ne s’agit pas de l’histoire bien connue des « Trois petits cochons ». S’il est bien question d’un conte de Provence, il n’en est pas moins bien triste… Ainsi, à Istres, il y avait dans une allée piétonnière, comme souvent ailleurs, un petit manège pour jeunes enfants. Sur ce manège était installé, au milieu des chevaux de bois et autres attractions fréquentes en pareil cas, un petit cochon rose.

Il est mort. Ou plutôt il a disparu. En fait, le cochon incriminé faisait partie, selon monsieur le maire, d’un ensemble installé temporairement pour pallier le retard de livraison d’un autre manège, plus moderne, commandé de longue date. Un nouveau carrousel a vu le jour, sans le cochon. C’est donc là la version officielle, que je suis incapable de confirmer ou d’infirmer.

Dans l’époque où nous vivons, dans un climat où des passions intolérantes éveillent des émotions incontrôlées et des instrumentalisations politiques inéluctables, la conjonction de la rumeur et de ce que nous appelons pudiquement les « réseaux sociaux » a fait son œuvre. D’après Internet, qui a joué « un tour de cochon » à monsieur le maire d’Istres, l’animal incriminé n’aurait pas été reconduit sous la pression d’un imam local. Cette rumeur de l’animal sacrifié sur l’autel de la religion court toujours et continuera d’alimenter la « blogosphère » qui affirme : « Le cochon a été enlevé pour ne pas choquer les enfants musulmans ».

Il faut se méfier des informations qui circulent sur la toile et qui sont souvent déformées même lorsque, comme ici, elles peuvent être vraisemblables, voire lorsqu’elles sont de pure invention, comme le canular affirmant l’ouverture d’une mosquée au premier étage de la tour Eiffel. Mais l’exemple évoqué est significatif. Cette affaire étrange a pris de l’ampleur, qui en fait une ahurissante nouvelle, parce qu’elle s’est ajoutée à tant d’autres démissions dans ce domaine.  Qu’elle soit ou non « hoax », elle est révélatrice d’une exaspération, car ce sont ces choses-là qui amènent à dire que les musulmans ne font en général pas d’effort pour s’adapter en France.

Il y a eu une époque bénie où, quand les étrangers voulaient venir en France, ils voulaient devenir français. « A Rome, fais comme les Romains. Si tu es ailleurs, vis comme on y vit » conseillait Ambroise de Milan à Saint Augustin, immigré puisque né – ironie du sort – à Thagaste, soit Souk Ahras dans l’Algérie actuelle ! Dans notre pays de tradition chrétienne, nous ne comptons déjà plus, de démission en démission, les reculs. C’est insidieux. Nous devons dénoncer toutes les intolérances, malheureusement nous sommes souvent bien démunis par rapport aux abus d’un islam conquérant.

Tout cela est-il anodin ? Tôt ou tard et quels que soient la région et le pays, un affrontement aura lieu entre le droit religieux et le droit positif, c’est une fatalité. Pendant ce temps, en Irak, nos frères chrétiens paient de leur vie leur fidélité à la religion qui est la leur depuis deux mille ans. Pour détruire un pays, il faut commencer par détruire sa civilisation, sa culture… encore que d’après Emmanuel Macron « il n’y a pas de culture française »

Pierre Nespoulous