Le populisme, un mot actuellement dévoyé

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Les responsables politiques, les journalistes, et désormais « pas mal de monde » sur les plateaux de télévision, utilisent ce mot à tout va, de façon plutôt péjorative à l’égard de certains responsables politiques français ou européens qui verseraient dans un patriotisme assimilable à un nationalisme associé à un repli sur soi voire à des idées d’extrême-droite, et qui seraient donc des mal-pensants. On a qualifié de populiste le régime des certains États d’Amérique latine de la première moitié du XXe siècle au premier rang desquels figure l’Argentine de Juan PERON, qualifié parfois de néo-fasciste de gauche, appliquant une politique sociale en faveur des milieux populaires.

L’usage de ce mot est à présent détourné de l’une de ses significations originelles, d’ailleurs rappelé par le dictionnaire Larousse. Le populisme est un courant littéraire, essentiellement (mais pas uniquement) français qui a connu sa période de gloire « officielles » entre 1920 et 1940, mais dont le fond de pensée s’était largement manifesté auparavant et qui a un peu survécu ensuite. Les auteurs de ce courant se sont attachés à étudier et à décrire avec passion les mœurs et usages du peuple au travers de toutes ses couches sociales, que ce soit, la noblesse rurale, les milieux ouvrier ou paysan, les notables, la bourgeoisie et les commerçants des petites villes, etc, leurs habitudes, leurs traditions, leur vie de tous les jours avec ses joies et ses drames. On le comprend, ce populisme authentique ne regroupe donc pas que « le populo », les « fachos », les nationalistes, la France d’en-bas, les sans-dents, les alcoolos, les illettrés (pour reprendre les remarques de certains de nos responsables politiques.

Ces thèmes populistes se trouvent déjà chez Victor Hugo, mais plus nettement chez Émile Zola, Guy de Maupassant, François Mauriac, Marcel Pagnol, populistes dont les œuvres sont éternelles, parfois traduites au cinéma, et que j’admire… Serais-je donc moi-même un odieux populiste ?

François Gazelle