Le Premier ministre : une fonction opérationnelle

Il faudra bien que la guerre picrocholine du samedi nous dise tôt ou tard ce qu’elle veut, qui elle est et ce qu’elle se propose d’accomplir.

Il faudra bien que les eaux de boudins se solidifient et il faudra bien que les préliminaires aboutissent aux procédures qui sont celles de la Vème République.

Le Président, Chef des armées, maître de la diplomatie, doit exprimer ses grandes orientations qui sont celles de la stratégie nationale.

Pour le reste qui est aussi l’essentiel, il y a un Gouvernement qui détermine et conduit la politique de la Nation.

Les textes iront au Conseil d’Etat puis au Conseil des ministres. Enfin, ils seront déposés sur le bureau de l’une ou l’autre chambre jusqu’au vote final.

Ce qui veut dire que cette République est encore parlementaire puisque le Premier ministre est responsable devant l’Assemblée nationale.

Le texte sera voté mais dans quel état ? Il ne correspondra plus à l’unité, à l’universalité, à la simplicité et à la clarté de sa vision.

Il correspondra tout de même à l’effort qui avait conduit Michel Rocard à se rendre compte, à Alain Juppé à essayer et à Jean-Pierre Raffarin et François Fillon d’entreprendre une rénovation de l’indispensable système de répartition toujours aux prises avec l’inéluctable allongement de la durée de vie qui est en soi un succès.

Jacques Limouzy