Le Président et le territoire

Partager sur :

Parce qu’il semble s’être rendu compte qu’il avait perdu le contact avec les collectivités territoriales, le Président de la République a fait place dans le récent remaniement à des personnalités capables de le rétablir.

La tâche de ces négociateurs apparaît compromise s’ils n’ont à leur disposition que des exhortations et de l’eau bénite de cour.

Mais comment ne pas voir que la majorité hors du commun qui est celle du Président à l’Assemblée nationale est épurée de toute présence de maires, de Présidents de Départements qui étaient fort nombreux autrefois.

Le groupe parlementaire majoritaire est nombreux mais composé de solitudes individuelles mal reliées aux collectivités territoriales.

Les députés d’« En Marche » ne sont pas plus mauvais que ceux qu’ils ont remplacés ; ils sont seulement nouveaux et manquent d’antériorités politiques, de structure et de leaders ; ils ont même perdu leur berger : Monsieur Castaner.

Ce dépouillement de l’Assemblée nationale face à une France territoriale laisse une place éminente au Sénat dont c’est bien sûr la vocation première.

Or, les deux assemblées de la République doivent fonctionner d’une manière pendulaire et rien de ce qui touche l’une ne doit échapper à l’autre.

Si la nouvelle majorité a voulu montrer que la politique n’était pas un métier, elle a eu raison mais elle ne devrait pas ignorer que la politique ça s’apprend et pas seulement dans la société civile ou à l’ENA mais souvent au service des collectivités territoriales.

Jacques Limouzy