Le purgatoire des Républicains

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Le président des Républicains, Laurent Wauquiez a limogé sa numéro 2, la juppéiste Virginie Calmels, qui s’est publiquement épanchée sur ses désaccords avec le numéro 1 qui l’avait nommée. Sur le fond, ses questions pouvaient être posées. Mais avec un chef qui doit incarner l’ordre dans un parti césariste, c’était écrit : elle a été aussitôt remplacée par le maire LR modéré d’Antibes, Jean Léonetti, qui a expliqué la position du parti : Wauquiez a été élu sur une « ligne régalienne d’autorité ». CQFD.

Si on ne peut pas contester la légitimité du maire du Puy-en-Velay, porté à la présidence de sa « famille » par 75% des voix en décembre dernier, peut-on toutefois exprimer la vision d’une droite qui ne soit pas que la réincarnation du parti de l’ordre ?

Pour l’instant, les Républicains sont au purgatoire où ils expient les erreurs du passé. Ils y sont coincés par, d’une part, le libéralisme macronien qui réalise des promesses non tenues par leurs dirigeants précédents, et, d’autre part, le souverainisme identitaire qui a repris, entre autre, le discours que le RPR tenait sur les questions migratoires à la fin des années 80.

À la gauche de Macron, nous savons que le parti socialiste, en décomposition, ne compte plus, et la France insoumise n’existe que par ses agitations médiatiques et les excès discursifs de son chef.

Comme partout en Europe, l’électorat s’est droitisé. Quel espace reste-t-il entre Macron et la famille Le Pen ? Outre les questions de leadership personnel – qui ne se résume bien souvent qu’à des querelles d’égo –, il faut avoir les idées claires.

Autrefois, les gaullistes avaient « une certaine idée de la France ». Que serait-elle aujourd’hui ? À défaut de la définir, il faut poser les deux visions qui enserrent les Républicains, c’est-à-dire la volonté libérale de Macron d’ouvrir la France, et la tentation souverainiste des Le Pen de la fermer. Dans l’entre deux, on trouve cette injonction paradoxale : Dans un contexte mondialisée, comment la France peut-elle conserver son rang de grande puissance économique, culturelle et politique, assurer sa responsabilité d’ancienne puissance coloniale, tout en ayant la tentation de fermer ses frontières et de stopper les débats sociétaux ? Souhaite-t-on y répondre comme le fait Donald Trump aux États-Unis ?

Pour sortir de ce purgatoire, rien ne vaut un examen de conscience. Sera-t-il réalisé avant l’échéance européenne de 2019 ? Les Républicains pourraient reprendre la synthèse sur la refondation rendue en novembre dernier par Bernard Accoyer, ancien secrétaire général. À moins de ne plus la considérer comme valide, puisqu’elle cultivait une forme de « en même temps » qui répondait aux exigences traditionnelles de l’union de la Droite et du Centre. Révolue, il semble.

Le temps risque d’être long pour « notre famille politique ». Les gaullistes l’ont accepté avant 1958 et les socialistes l’ont supporté jusqu’en 1981.

Richard Amalvy