Le retour des vieilles perruques

Avec une profonde stupeur certains viennent de découvrir, qu’à l’aube des élections présidentielles, il n’y avait pas de parti présidentiel.

On s’est trop longtemps contenté de croire que La République en marche (LREM) pouvait en être un mais personne ne l’a cru.

Il devenait urgent qu’Edouard Philippe se mit en quête d’en découvrir un mais comme il s’y prenait tard il ne pouvait se constituer qu’à partir de débauchages dont beaucoup de dernière heure.

Edouard Philippe, bien que sollicité, ne sera pas un concurrent puisqu’il se positionne comme un successeur et que donc le parti de droite qu’il constitue ressemble à celui qu’il pourrait diriger en 2027 mais le vide électoral qui a sollicité Edouard Philippe n’a pas manqué de réveiller les vieux habitués du combat politique.

C’est pourquoi l’on vient d’entendre sonner l’olifant du rassemblement par François Bayrou, éternel ressuscité et vieille perruque des combats présidentiels.

Aujourd’hui, depuis les sommets où il prétendait s’établir, les risques de l’échec ne vont-ils pas s’ouvrir à nouveau devant lui ?

On se demande comment ce remonte-pente fabuleux va une fois de plus ressurgir.

Même à la tête d’un mouvement politique devenu confidentiel, François Bayrou aurait pu se sauver s’il était comme l’enfant prodigue revenu s’asseoir à la table d’une famille qui fut celle de sa jeunesse.

Tout au long d’un parcours qu’il a tenu à mener seul, François Bayrou a tenté désespérément de remplir un tonneau qui s’est toujours vidé à droite, à gauche ou nulle part, ce qui est le destin du centre dans une république bipolaire.

Dans cette balance qui n’a que deux plateaux, il n’a été que le fléau qui indique le sens où l’on doit basculer. En épousant ce vide ne risque-t-il pas de créer un bicéphalisme inutile ou même pervers à la tête d’un centre retrouvant ce vice héréditaire qui le conduit à l’incapacité d’identifier ses propres limites ?

Le général de Gaulle et le bon sens ont voulu que le Président de la République soit élu par une majorité de Français.

La Ve République est donc un système binaire.

Quand on est deux, il n’y a pas de centre. Pour qu’il y en ait un, il faudrait être au moins trois et pas deux.

Cela veut-il dire que le centre n’existe pas ?

Non, il existe mais les centres sont si nombreux qu’ils ne gagnent jamais.

Monsieur Folliot lui-même le sait puisque, après avoir éprouvé tous les centres, après avoir été anobli par La République en marche en 2017 et après avoir voté pour Gérard Larcher au Sénat en 2020, il s’interroge aujourd’hui sur la personne même de Monsieur Macron.

Jacques Limouzy