Le Séparatisme

A l’occasion d’une visite aux Mureaux, dans la banlieue parisienne, Emmanuel Macron vient de prendre conscience qu’il existait « une idéologie qui prétend que ses propositions devraient être supérieures à celles de la République », avec le courage inouï chez lui de la nommer : l’islamisme radical, source de « séparatisme ». Selon le dictionnaire, le terme désigne, de façon générale, « la volonté d’un groupe d’individus unis par un certain caractère en une zone géographique, de se détacher du reste du groupe auquel il avait adhéré ». Le chef de l’Etat a opéré un glissement sémantique en employant le terme de « séparatisme » au lieu de « communautarisme », le génial conducteur de notre destin ayant enfin compris que, dans de nombreux quartiers, un ordre différent se substituait à celui de l’Etat.

Peut-on pour autant parler de séparatisme ? L’on pourrait employer le terme, le cas échéant, après plusieurs siècles d’intégration, pour le peuple breton ou le peuple corse voire notre peuple occitan qui fut jadis celui du Comte de Toulouse. Mais pas pour ceux qui, venus sur le tard, ne se sont volontairement pas assimilés et donc font sécession au nom de leur communautarisme. La plupart des Etats musulmans supporte mal l’égalité dans la diversité ! Doit-on céder à la pression migratoire pour s’adapter à des populations dont l’identité culturelle et religieuse est entièrement distincte de celle de notre communauté nationale ?

Aucun gouvernement français n’a eu le cran nécessaire pour s’y atteler. Emmanuel Macron fera-t-il mieux, avec les bases qu’il jette, comme par exemple de qualifier la colonisation de « crime contre l’humanité » ? La repentance est sa marotte, et au passage, il ignore superbement la souffrance des Français pieds-noirs ou harkis à une époque où il n’était pas né. Il découvre le problème alors qu’il est en place depuis trois ans à parler d’autre chose. En 1453 le bastion de Constantinople est tombé sous les coups de sabre des islamistes alors que pendant le siège, ce qui occupait les élites était la question du sexe des anges !

« Séparatisme intégriste » a dit Macron. Une expression visant à dénoncer une volonté de faire sécession de la communauté nationale. Déjà, dans les années 80, ces termes menaient à se faire traiter de tous les noms, et, chose incroyable, Eric Zemmour s’est retrouvé devant la 19ème Chambre pour avoir dit exactement la même chose ! Depuis longtemps, des lanceurs d’alerte s’inquiètent de cette partition qui s’annonce. Déjà en 2017, Elisabeth Badinter, préfaçant le livre de Georges Bensoussan « Une France soumise » (Albin Michel) écrivait : « Une seconde société tente de s’imposer insidieusement au sein de notre République, tournant le dos à celle-ci, visant explicitement le séparatisme, voire la sécession ». Le 19 mars 2018, le Figaro publiait le manifeste d’une centaine d’intellectuels, dont les anciens ministres Luc Ferry et Bernard Kouchner, déclarant : « Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l’arme de la conquête politique et culturelle de l’islamisme ».

On a souvent dit que, pour l’Islam, la loi religieuse et son système politique primaient sur les lois de la République. Un bel exemple de cette volonté vient de nous être donné par les deux représentants officiels du CCIF et de l’UOIF, tenants de la doctrine des Frères musulmans dont la stratégie ultime est d’instaurer la charia (loi islamique). Convoqués par la Commission d’enquête du Sénat sur la « radicalisation islamiste », se soustrayant à la loi, ils ne se sont pas rendus à cette convocation, ce qui est pour tout citoyen une obligation, le refus de déposer et de prêter serment étant passible de deux ans de prison et 7 500 € d’amende.

Qui se ressemble s’assemble. Les gens se réunissent naturellement par ethnie, voire affinités et ne vivent pas ensemble, mais côte à côte. Observez les bancs de poissons : ils ne se mélangent pas. Sont-ils sectaires et xénophobes ? Non. C’est leur nature. On le savait pertinemment quand on a décidé que notre société serait multiculturelle. Comme disait Woody Allen, le loup et l’agneau dormiront ensemble… mais l’agneau ne dormira pas beaucoup !

A propos du discours des Mureaux, les commentateurs nous invitent à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Un beau discours. De quels actes sera-t-il suivi ? Une nouvelle loi. Une de plus ! Mais appliquons simplement la loi de 1905 ! Notre Démocratie, l’Etat, ne doivent plus admettre, tolérer et subir les dérives, écarts de conduite et critiques de certaines communautés bien généreusement installées en France. Les ennemis de l’intérieur se sont aussitôt dressés contre Macron, comme les présidents de SOS racisme, de la ligue des droits de l’Homme et d’ATTAC, alors que Mohamed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, opposé à cet extrémisme, déclarait : « Ce combat est aussi le nôtre » !      Sans doute, il était temps. L’inconvénient avec le réel, c’est qu’on s’y cogne. Et le différend avec Jean-Louis Borloo et son rapport de 2018 jeté aux orties alors qu’il devait inspirer la politique de la ville a laissé des traces. Mais il reste une grosse lacune : l’absent du lexique macronien reste le terme d’ « immigration », ce qui laisse à penser qu’on ne pourra qu’aller plus loin dans le séparatisme, l’immigration sans frein imposée à l’Europe étant le cheval de Troie de l’islamisme radical. De même que lorsqu’on est atteint d’un cancer du poumon il ne semble pas bon de continuer à fumer, quand on a un dégât des eaux, le simple bon sens, avant même d’appeler le plombier, commande de couper l’arrivée d’eau.

Pierre Nespoulous