Le tournant de la Platé

Partager sur :

Le contrat Ville moyenne entre la Ville de Castres et l’Etat et qui se déroula entre 1973 et 1978 fut le deuxième signé en France et entraîna des participations nationales voisinant les 40 %.

Au nombre des actions majeures de ce contrat fut l’opération concernant le quartier de la Platé soit le centre le plus ancien de la ville.

Il faut dire qu’en quelques années ce quartier s’était effondré ; peuplé de 5000 habitants dans ma jeunesse, il n’en avait pas 3000 en 1970 alors que la Ville en avait gagné 15.000.

Il était peuplé de personnes qui y avaient toujours vécu, âgées désormais ; l’habitat était dégradé, occupé par des immeubles invendables. Bref, la clochardisation s’annonçait.

L’opération engagée par le Contrat Ville Moyenne et l’architecte Laurent Fagard eut des motivations multiples à financement diversifié et à caractère interministériel sous la tutelle de la délégation à l’aménagement des territoires.

L’opération était double :

  • Rénovation ponctuelle et limitée à l’intérieur d’un îlot du centre-ville, par implantation d’habitations à loyer modéré et de logements pour personnes âgées. Cette mesure devait avoir un rôle incitateur et entraîner à terme la restauration d’immeubles voisins,
  • Création d’un équipement social dont une partie ne serait pas réservée exclusivement au troisième âge, mais ouvert à l’ensemble de la population.

Son intérêt était multiple :

  • Réhabilitation d’un habitat souvent vétuste et délabré,
  • Relogement de personnes âgées dans des conditions satisfaisantes de confort et de sécurité,
  • Développement d’une qualité de vie par la création de locaux et de services d’agrément,
  • Regroupement de certains services sociaux,
  • Mise en valeur du patrimoine architectural et utilisation de celui-ci dans une politique d’action culturelle.

Son contenu

  • Un foyer soleil pour les personnes du troisième âge regroupant 60 logements (2350 m2 environ),
  • restauration d’un certain nombre d’immeubles anciens sans confort,
  • construction d’une quarantaine d’habitations à loyer modéré (2500 m2 environ)
  • réalisation et réaménagement de l’ancienne école Jeanne d’Arc.

Ces réalisations nécessitaient

  • démolition de la chapelle des Saints Anges (Annexe de la Platé)
  • démolition d’une partie de la rue Roumive et la rectification de l’autre partie,
  • acquisition de la pension Jeanne d’Arc, établissement privé d’enseignement secondaire,
  • vente des propriétés de Bonne Montmaur appartenant au Bureau d’aide sociale de la Ville de Castres.

 

Cette opération fit l’objet du n°2 de la revue de l’aménagement du territoire intitulée : « A Castres le tournant de la Platé ».

C’était lors de mon premier mandat de maire de Castres et Geneviève Barioulet, conseillère municipale, m’avait accompagné sur un projet d’ambitions multiples et de financement diversifié et où seule avait compté : la conviction.

Jacques Limouzy

Tags: