Le veuf ?

Ils étaient deux : elle et lui. Ils devaient se retrouver en mai 2022 dans un combat singulier dont tout autre serait exclu. Chacun était la raison d’être de l’autre et ces deux combattants restaient inséparables.

Des consultations politiques subalternes allaient montrer leur solitude et même leur fragilité.

Pour lui, on découvrit chaque jour que la formation politique destinée à le supporter n‘existait pas. Elle n’avait aucun ancrage territorial et le groupe parlementaire qu’elle avait fait naître n’avait jamais été capable de nourrir son exécutif puisque pour ses meilleurs ministres, il avait dû s’adresser à d’autres.

Pour elle, également, l’ancrage territorial avait été modeste sur bien des années et en outre, les dernières élections subalternes avaient vu périr la moitié de ses effectifs régionaux, départementaux et municipaux alors que les experts sondeurs persistaient à donner leur nom comme les deux seuls combattants de la finale des présidentielles.

Or, il pourrait arriver que les contraintes du destin, à quelques mois de cette finale, s’abattent et que les imperfectibles mouvements des sondages indiquent que c’était elle, et non pas lui, qui disparaitrait de ce second tour.

Comme Emmanuel Macon n’avait que ce combat qui le tenait debout, il allait s’apercevoir que, devenu un couple avec son « ennemie », s’il perdait lui-même après l’avoir perdue, il n’en resterait pour l’histoire que le veuf.

Jacques Limouzy