L’effroyable signature

La décapitation, cette effroyable signature des islamistes, on nous en avait rapporté des exemples avec les sordides exécutions du français Hervé Gourdel, lâchement, cruellement et honteusement assassiné, comme le furent les britanniques David Haines, Alec Henning, les américains Peter Kassig et James Folley, ou le japonais Kenji Goto. Le djihad de la terreur vient de nous atteindre : avec cette première décapitation sur notre territoire, nous venons de franchir un nouveau cap dans l’horreur de l’islamisme. L’attentat, cette semaine, perpétré par Yassin Salhi à Saint Quentin Fallavier, en Isère, vient s’ajouter à la funeste liste. Voilà que ce genre de faits divers rend pour le moins délicate et sujette à débats la phase ferme de Manuel Valls : « Les musulmans sont chez eux en France ». Le citoyen ordinaire ne peut que se poser des questions. Une minorité commence à provoquer une réaction de rejet.

Comme la crucifixion en Syrie de deux enfants accusés de « ne pas jeûner pendant le ramadan », comme l’horrible attentat de Sousse en Tunisie, cette violence extrême doit servir d’exemple dans le « Mémo de la sauvagerie » que Daech exporte vers tous les apprentis djihadistes à travers le monde. Certes, Manuel Valls trouve cela « inacceptable » (il use volontiers de cet adjectif) et François Hollande condamne. Et agir, quand ? Est-ce que tous les deux mois jusqu’en 2017 on va avoir droit aux indignations verbales de nos gouvernants comme de Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur ? Ce dernier avait pourtant affirmé à RTL le 5 août 2014 : « Ce n’est pas un délit de prôner le djihad » ! Qu’est-ce qu’il fait contre la mouvance salafiste ? Il fait des fiches. Va-t-il renforcer la surveillance ? Ce serait plus important que mettre sur écoute les adversaires du pouvoir en place et leurs avocats !

Cher Président ! Il a trouvé par lui-même que c’était un attentat terroriste. Heureusement qu’il nous l’a dit, on ne s’en rendait pas compte. Action, dissuasion, ne pas céder à la peur, toujours les mêmes mots que l’on entend à chaque tuerie. Et l’ineffable Cazeneuve de surenchérir en disant que Yassin Salhi est un « enfant du pays ». C’est vrai que cela lui ressemble tellement ! Le droit du sol ? Non et non ! Serait-ce qu’on s’habitue ? Il n’y aura pas de grande manifestation transpartisane, pas d’union sacrée des politiques, pas d’hommage prononcé du Président de la République, autrement dit pas d’ »esprit du 11janvier ». Le slogan facile « Je suis Charlie » a fait long feu…

N’était-ce pas déjà une honte pour Manuel Valls de solliciter l’union nationale, tout en déclarant à l’Assemblée Nationale à l’encontre des élus de l’UMP : « Le retour du terrorisme dans ce pays, c’est vous » ? Est-ce l’éveil à la lucidité chez notre supporter du Barça ? Ce dimanche, sur Europe 1, Manuel Valls n’hésita pas à employer le terme de « guerre de civilisation », notion qui, en janvier, dans la bouche de Nicolas Sarkozy, avait suscité son indignation comme celle du PS. C’est vrai que la guerre est déjà sur le sol national. Il serait suicidaire de ne pas le croire. Cessons de traiter les terroristes comme des voleurs de pommes. Ils décapitent ? Ils se disent « soldats » de je ne sais quelle cause ? La réponse appropriée est donc d’appliquer le droit de la guerre. L’ennemi est dans nos murs, c’est de cela qu’il s’agit : l’antique stratégie du cheval de Troie. Et ils ne sont pas dans le ventre du cheval…

C’est toute la difficulté de nos débats aujourd’hui : la guerre des mots ! Le moment arrive donc où les évidences sont tellement fortes qu’il faut arrêter le « politiquement correct » et la « langue de bois ». Tout le cirque post attentat n’est que poudre aux yeux et le discours mollasson de François Hollande fondé sur le concept du vivre-ensemble, du rassemblement, montre qu’on est loin du compte. On tente de maîtriser une marée à coups de serpillère. Oui, il est grand temps de prendre acte que nous sommes en guerre et de prendre des mesures comme ont su les prendre les USA avec le « Patriot act ». L’Australie aussi a une politique beaucoup plus ferme que personne ne condamne. Le ver est dans le fruit, et ce depuis bien longtemps. Mais voilà ; les Droits de l’Homme et toutes ces institutions que nous avons inventées pour nous baillonner nous-mêmes, les lois qui interdisent désormais d’appeler chat un chat surtout si le chat fait partie des minorités dites visibles, nous empêchent le geste de défense et nous privent d nos libertés élémentaires.

Les salafistes, adeptes d’un islam rigoriste, multiplient les offensives pour déstabiliser les salles de prière modérées en France. Le spectre d’une véritable contagion radicale plane sur les mosquées, avec de véritables viviers, pour ne pas dire des « couveuses » pour les futurs combattants volontaires vers des zones de combat.

Pour dormir ce soir, relisons notre Cambadélis à propos du « mode opératoire » de ces barbares (un type décapité dont on attache la tête à un grillage) et prononçons tous ensemble la formule magique « Restons unis. Pas d’amalgames. Ne jouons pas sur la peur » ! Jouer ? Non ! Personne n’a envie de jouer, monsieur Cambadélis  ! Au nom du refus de l’amalgame que vous préconisez, tout débat sur l’islam est tabou. Est interdite l’évocation de tout lien entre le terrorisme islamiste et la montée d’un radicalisme entretenu depuis plusieurs années sur le sol français. Cela fait un moment que certains essaient d’expliquer la situation. Mais la bienpensance calamiteuse tombe à bras raccourcis sur le premier qui essaie de parler. Pas d’amalgames ! Nous sommes attaqués de l’intérieur par un ennemi qui se cache et qu’il nous est interdit de dénoncer. Ne pensez-vous pas qu’il serait tout doucement temps de devenir un peu plus sévère avec tous ces gens qui ne nous veulent pas vraiment du bien ?

Je n’attends qu’une chose : que la communauté musulmane (cinq millions de personnes), dans sa grande majorité, descende dans la rue pour dénoncer l’activité de ces extrémistes. Et, là, j’aurai de l’espoir pour notre République ! A défaut, le chaos que personne ne veut nommer est en route. Nous ne nous économiserons pas une libanisation de la société dont nous avons déjà tous les ingrédients : trafic de drogue, armes de guerre en abondance, tensions confessionnelles, communautarismes, quartiers ghettos de non-droit aux mains de ce qu’il est convenu d’appeler des bandes et qui ne sont rien d’autre que des milices armées.

Pierre Nespoulous