L’église des catacombes

Le pape François, seul sur la place Saint-Pierre, le soir du 29 mars (Photo Vatican Media).

Comme de nombreux français, Jacques Limouzy a suivi les cérémonies de Pâques à la télévision. De son observation du dépouillement imposé par la pandémie, il livre sa réflexion sur l’avenir possible de l’église catholique.

Dimanche dernier, la tristesse de Pâques s’est abattue sur le monde chrétien. Les cloches n’ont pas sonné, les orgues des grandes cathédrales se sont tus, les cierges se sont éteints dans des églises clôturées et les chœurs et les chorales n’ont pas chanté.

Dans la plus grande basilique du monde, écrasée par le vide, le Pape François, semblable à ceux du Vème siècle, a béni une ville confinée et un monde en pandémie. Il n’y avait pas un chat sur la place Saint Pierre. Seul, le chien d’un cardinal, égaré, l’avait traversé épouvanté par le vide.

Dans un studio de télévision, un officiant a renouvelé le mystère bimillénaire de l’eucharistie avec un seul desservant et deux assistants.

Deux ou trois cierges illuminaient ce spectacle d’une terne lumière, dans un décor absent de tout symbole. Ce dépouillement inhabituel n’était pas sans rappeler l’église des catacombes du premier âge de l’ère chrétienne.

Cette église, née dans le dénuement, avait pourtant de l’avenir.

Jacques Limouzy