L’ENA est morte mais je suis encore vivant

Partager sur :

En mettant fin au destin de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) dont il avait été l’élève, le Président de la République a-t-il cédé à cette autre formation qu’il avait reçu chez les Pères jésuites de la Providence à Amiens ?

Peut-être en effet est-ce une casuistique qui conduit à penser qu’en jetant un os à ronger aux querelles publiques on en apaise les clameurs.

Cette extinction de l’ENA a été largement préparée par le tombereau d’ânerie qui justifie son ablation.

Il y a dans cette décision comme un mystère : c’est que les raisons que l’on avance sont à peu près les mêmes que celles qui en 1945 ont conduit le Général de Gaule et Michel Debré à sa création.

Ecole très parisienne certes mais je constate que je suis de Castres.

Préparation concentrée sur l’Ecole des Sciences politiques mais ce qui est inexact.

Ma préparation au concours a été dirigée par un maître de conférences du Conseil d’Etat ; Madame Louise Cadoux qui vient de disparaître était de Vabre et était Conseiller d’Etat.

Le copinage de promotion n’est pas forcément celui de la promotion « Voltaire » qui est certes exceptionnel.

J’appartenais à la promotion « Dix-huit Juin », j’ai donc fait trois ans avec Michel Rocard, nous n’étions pas les mêmes en entrant, nous sommes restés différents à la sortie. Nous nous sommes ensuite rencontrés bien souvent et ce n’était pas la politique qui nous réunissait mais une sorte de camaraderie amicale.

La question du remplacement de cette école ne va pas manquer de se poser. L’actualité nous montre que la mode est au tirage au sort.

Pourquoi en effet ne pas tirer au sort les Magistrats du Conseil d’Etat, de la Cour des comptes, les attachés d’Ambassades, les Préfets, les Administrateurs civils… et bien d’autres comme ceux de l’Inspection générale des finances ?

La probabilité élémentaire étant la même pour tous, j’avais la même chance que les autres de devenir ce que je suis.

Après tout, de quoi je me plains !

Jacques Limouzy