L’envol du numérique

L’informatique qui vient de tout envahir depuis les sciences, les relations humaines et la vie quotidienne peut-elle éclairer ou au contraire occulter notre compréhension du monde ?

Certes, si le destin de l’homme était mesuré, si son parcours terrestre paraissait accompli, l’informatique pourrait s’installer comme un couronnement, une prothèse de la pensée, auxiliatrice de tous les savoirs, éclairante d’un avenir dont nous commencerions déjà à entrevoir la fin.

Ce serait la vouer à une universalité funèbre alors qu’elle ne sera qu’un point, certes lumineux, sur une trajectoire qui au fur et à mesure que l’homme s’en rend maître ne cesse de prolonger son amplitude jusqu’à l’heure de plus en plus imprévisible de son aboutissement.

Ayant sous les yeux le destin d’une société d’économie mixte dont le développement s’accélère aujourd’hui au delà des prévisions limitées qui avaient été celles de sa création, j’ai pensé que cette croissance subite que nous n’attendions pas, montrait que nous étions peut-être dans l’extrême jeunesse d’une grande spéculation destinée à accompagner désormais la marche de l’humanité.

Cette progression n’est pas sans adversaires dont certains sont légitimes et s’interrogent sur un progrès destructeur des antériorités qui furent jadis, elles aussi, des progrès contestés.

La majorité d’entre nous a vécu dans un monde où l’informatique n’existait pas, et aujourd’hui, certains se demandent comment nous avons pu vivre sans elle.

Nous-même dans notre enfance, nous n’imaginions pas vivre sans l’automobile ou la machine à vapeur.

Et comment ne serions-nous pas stupéfait d’apprendre qu’il y a plus d’informatique dans une automobile de la dernière génération qu’il y en avait dans un Airbus de la première génération ?

En effet, les temps qui sont les nôtres, croient réaliser seulement ce qu’ils ont imaginé alors qu’avec une vitesse vertigineuse, ils pénètrent un fantastique qui deviendra la banalité de l’avenir.

Pourquoi InterMédiasud ?

Une société qui grâce à la fibre optique transporte des réalités immatérielles sans mesures et sans poids, qui se trouve sur des terres qualifiées de vaines et vagues qui n’étaient destinées qu’à l’élevage de moutons de plein vent, telle est «InterMédiasud», société anonyme d’économie mixte née de l’imagination créatrice d’hommes qui, considérant les limites désormais réduites des activités qui avaient fait vivre leurs pères, ont, parce qu’ils étaient leurs fils, décidé de conjurer un inévitable déclin en organisant ce qui paraissait imprévisible.

Cette perspective aventureuse n’était pas sans exemples puisqu’à Castres même, un pharmacien d’officine a fait jaillir d’une audace constante et d’une volonté sans faille une entreprise internationale de la recherche et du médicament. Il venait d’être démontré en quelques dizaines d’années que l’homme n’est pas là seulement pour organiser les événements qu’il subit mais pour prendre la responsabilité d’en créer d’autres qui seront véritablement les siens.

Ainsi à la charnière des deux siècles, naquit entre Castres et Mazamet cette société pouvant passer pour locale mais dont le développement est aujourd’hui national, avec pour objet une activité qui aurait pu paraître extraordinaire et même fantastique à un homme, fut-il un savant, du début du XXème siècle presqu’encore notre contemporain.

Cette contraction du temps éprouvé dans une seule existence humaine n’avait aucune chance de se produire dans le passé qui vivait l’accélération du progrès avec des gestations plus longues.

Si l’on avait annoncé à Gutenberg qu’un jour les lettres pourraient être remplacées par des chiffres, il aurait eu du mal à comprendre que la création de l’imprimerie qui s’annonçait à peine, ne serait qu’un point mémorable sur la trajectoire jamais terminée des moyens de communication.

Jacques Limouzy,
Président du Conseil de surveillance d’IMS Networks (InterMédiasud)