Les dernières troupes de gauche quittent le territoire et s’enferment dans leur bunker du Sud-Ouest

Sur près d’un quart du territoire, entre le Rhône et l’Atlantique, le grand Sud-Ouest dans ses départements est resté majoritairement attaché à la gauche de son histoire.

Seuls les Pyrénées-Atlantiques et l’Aveyron échappent à une situation largement tempérée puisque Bordeaux et Toulouse et une majorité des villes notables ne sont plus à gauche depuis les municipales.

Il reste que celui qui a bien voulu que ces élections soient nationales et qui les a perdues est bien le Premier ministre qui s’est conduit dans ce combat comme un premier secrétaire du Parti socialiste peut-être parce qu’il n’y en avait pas.

 

Solitude du Premier ministre

Après avoir dit que les Départements ne servaient à rien et qu’il fallait donc les supprimer, le Premier ministre aurait pu se désintéresser de l’élection qui se termine et qui pourtant, en partie grâce à lui, ne passe pas inaperçue.

Pourquoi l’a-t-il fait et avec une insistance inhabituelle pour ce type secondaire de consultation, sinon parce qu’il a ressenti qu’il est véritablement seul au sommet des responsabilités du pouvoir ?

Le Président de la République a pris du champ, il se détache des responsabilités immédiates pour se consacrer désormais sans risque à des activités suprêmes. Il défile à Tunis, il défilera ailleurs avant de se défiler partout. Il ne gouverne plus, l’a-t-il jamais fait ? Il règne.

Solitude au Parti socialiste où Manuel Valls ne compte plus sur grand monde, Bruno Le Roux et Jean-Christophe Cambadélis sont des seconds couteaux. Les personnalités pouvant dominer le débat politique sont ailleurs et lui taillent, ostensiblement ou non, des croupières comme Martine Aubry ou Jean-Luc Mélenchon.

Quant aux écologistes, il n’y a rien à en tirer, c’est une corbeille de serpents prêts à le détruire s’ils en avaient la force. Et en plus, ce sont des ingrats.

Il a donc conduit ce combat presque seul contre la droite rassemblée et contre le Front national.

Il l’a perdu mais il devait bien le savoir. Il sait aussi que cela ne gâtera pas longtemps son image. Il a une tête de Premier ministre, il est bien le seul à gauche, comme hier il avait une tête de Ministre de l’Intérieur, comme Jules Moch ou Charles Pasqua.

Maintenant, il ne lui reste plus qu’à être renvoyé s’il veut préserver un éventuel destin national, mais il n’aura pas cette chance.

Jacques Limouzy