Les Compagnons du Théâtre font résonner les Cloches de Corneville

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Les solistes en répétition cette semaine sur le plateau du théâtre de Castres, sous la direction du metteur en scène Franck Thézan.

Comme chaque année au printemps, Les Compagnons du Théâtre présentent leur production lyrique. C’est avec Les Cloches de Corneville, opéra-comique de Robert Planquette, qu’ils enchanteront le théâtre de Castres début mai. Présentation de Richard Amalvy.

Une opérette, un opéra-comique, genre particulier dans l’art lyrique, c’est à la fois de la belle musique, comme pour un opéra, mais c’est surtout du théâtre en mode vaudeville, donc improbable. Il faut un argument pour nourrir l’intrigue, et celui-ci, le compositeur Robert Planquette est allé le chercher en Normandie, dans le village de Corneville-sur-Risle où la légende veut que pendant la guerre de Cent-Ans, les Anglais, pillèrent l’abbaye pour voler le trésor ainsi que les cloches. Ils les emmenèrent dans une barque sur la Risle et le poids du butin fit chavirer l’embarcation. Les moines récupérèrent le trésor et les cloches sauf une. L’histoire veut que ces dernières sonnèrent à nouveau, celle restée au fond de la rivière répondant au carillon en écho.

De cette légende locale, Robert Planquette et ses librettistes Clairville et Charles Gabet, ont bâti leur récit. Le marquis de Corneville part faire un tour du monde et confie la gestion de ses biens à son fermier Gaspard qui se les approprie en usant d’un stratagème : il prétend que le château est hanté. Germaine, fille du comte de Lucenay, lui a également été confiée, et il la fait passer pour sa nièce en lui cachant ses origines. Au même moment, il trouve au milieu d’un champ de serpolet un bébé qu’il appelle Serpolette et l’élève pour qu’elle devienne sa servante. Pour conserver ses avantages, il détruit les pages du registre où sont inscrites les naissances des deux enfants. L’histoire commence vingt ans plus tard, au moment où le nouveau marquis revient au village et découvre les secrets de Corneville… Tout est en place pour qu’une romance voit le jour.

Les Compagnons du Théâtre ont déjà présentée cette œuvre en 1991, avec Yves Amalvy, leur ancien président, dans le rôle de Gaspard. Cette fois-ci, le fermier avare de Corneville sera campé par Michel Vaissière, le célèbre baryton issu de la région et solide pilier de la compagnie. La production a reconduit les deux sopranos qui avaient émerveillé la partition de Véronique (Messager) l’an passé : Lydia Mayo sera Serpolette et Morgane Bertrand interprètera Germaine. Chanteuses brillantes, elles sont aussi de remarquables comédiennes. Le plateau accueillera trois jeunes chanteurs qui n’ont jamais été programmés par les Compagnons : le monégasque Fabrice Alibert, baryton, qui sera Henri, marquis de Corneville, le picard Xavier Mauconduit, ténor, qui jouera Grenicheux, et le toulousain, Pierre Maurel, baryton par ailleurs comédien aux 3T, qui interprètera le Bailli. Alors que Julien Ursule dirigera l’orchestre pour la seconde fois, Franck Thézan mettra en scène le tout, dans des décors de Laurent Martinel. Fondateur du Festival de Bruniquel, Thézan est un spécialiste d’Offenbach dont il s’emploie à faire découvrir l’œuvre au fil des ans. Ténor lyrique mais aussi comédien, il s’est produit sur les plus grandes scènes à Paris (Mogador, Le Chatelet, Favard, Gaveau) et à l’étranger (Monte Carlo, Liège, Lausanne, Washington, Shangaï). On peut donc s’attendre à une mise en scène qui allie parfaitement travail d’acteur et chant lyrique.

Œuvre en trois actes, la plus célèbre de Planquette avec Rip, Les Cloches de Corneville a été créée à Paris au Théâtre des Folies-Dramatiques, le 19 avril 1877. Elle a connu un destin international pusiqu’elle a été jouée en anglais, sous le titre The Chimes of Normandy, au Fifth Avenue Theatre à New York, à partir du 22 octobre 1877. Elle a également été présentée à Londres en 1878 pour 705 représentations. Plus récemment, une nouvelle version appelée The Bells of Corneville a été jouée au Victoria Theater, à New York, en 2002.

Avec une partition puissante, il est probable que ces cloches, arrivant après Pâques mais avec le muguet de mai, annoncent un spectacle réjouissant : comme à l’accoutumé le chœur des Compagnons a bien travaillé. Depuis le mois de septembre, le programme de formation dispensé par Didier Oueillé, chef de chœur, et Éric Laur, chef de chant, a produit un très beau résultat. La salle des ancêtres du château de Corneville va résonner de manière éclatante.

Richard Amalvy

Les représentations ont lieu au théâtre municipal de Castres, place de la République.

  • Samedi 4 mai à 21h
  • Dimanche 5 mai à 15h30
  • Mardi 7 mai à 21h

Réservation en ligne : Billetterie du théâtre.