A deux dégourdis de la Vème

On retiendra d’évènements récents que la Vème République fonctionne toujours et heureusement avec deux Chambres. Elle vient en effet de donner dans une transition politique importante l’image d’une République parlementaire car les derniers quinquennats notamment celui qui se termine l’avaient pourtant révélé comme une République présidentielle.

Depuis bientôt quinze ans, cette évolution avait plutôt conduit à faire des élections législatives le succédané de la seule élection présidentielle.

En ramenant à la même durée le destin de l’Assemblée et celui du président? elle portait atteinte à cette oeuvre de synthèse qui était la Vème République à la fois présidentielle et parlementaire.

J’en veux pour preuve qu’en ce moment, les élections présidentielles paraissent, à sept mois du scrutin,  déjà engagées. Elles occupent tous les esprits alors que rien ne semble s’annoncer dans la préparation des élections législatives qui vont avoir lieu presque en même temps.

Leur résultat sera à la disposition du président élu quelques jours avant et dont en principe on doit ignorer jusqu’au nom.

Ces constatations déplorables à plus d’un égard ne sauraient être un hommage aux deux dégourdis, l’un Président, l’autre Premier ministre, qui se firent autoriser par un référendum, dont personne ne se souvient, à donner la même durée à l’existence du président et de l’Assemblée nationale. Ce qui conduit le seul titulaire du pouvoir à cet exercice solitaire qui est à l’origine de la plupart de ces difficultés.

Jacques Limouzy