Les derniers fossoyeurs du socialisme : hier Benoît Hamon, aujourd’hui Anne Hidalgo

Depuis qu’il existe, le destin du Parti socialiste reste exceptionnel et se renouvelle dans la douleur d’un enfantement continuel. Aussi, n’est-ce pas sans quelque émotion que l’on contemple le parcours difficile et parfois aléatoire de ceux qui ont la charge de le conduire.

Or, chaque fois qu’un drame électoral l’atteint dans son apparente existence, la question est posée par certains d’une nécessaire disparition de cette formation politique. Que cette éventualité soit envisagée par des adversaires reste normal, ce qui l’est moins c’est qu’elle le soit par les intéressés eux-mêmes.

Ainsi, voit-on s’ériger un mur des lamentations où chacun y va de son acte de contrition :

Pour les uns « l’anti-sarkozysme n’était pas un programme suffisant ». Pour les autres : « Nous n’avons pas su faire rêver les Français ». Ou encore : « Nous n’avons rien proposé de crédible aux électeurs »...

Par conséquent, il n’est pas douteux qu’avec de telles assises, le Parti socialiste s’effondre tout seul à moins qu’il n’y soit aidé par des hommes venus d’ailleurs.

Il en fut ainsi lorsqu’un homme d’exception, extraordinairement doué, aventurier de l’histoire, viscéralement de droite, s’empara du Parti socialiste à Epinay, en un tour de main, et lui donna plus tard quatorze années d’une exceptionnelle stabilité : c’était François Mitterrand.

Mais aujourd’hui, pour que le Parti socialiste soit soluble dans l’ensemble de la Gauche ou dans un quelconque mouvement écologique, encore faudrait-il que la Gauche soit tutélaire ou que l’écologie abandonne ses structures « macédoiniennes ».

La quasi-disparition du Parti socialiste aux cours des dernières présidentielles ne saurait s’expliquer par les seules nécessités rituelles de l’alternance qui guettent les partis de gouvernement.

On se souviendra que sous François Mitterrand, le Parti socialiste avait été exactement contrôlé.

Seule dans ce crépuscule annoncé, une fragile lueur portait encore quelques espérances, c’était Manuel Valls, alors Premier ministre qui n’était pas sans qualité ni sans avenir possible.

Certes, il n’allait pas gagner les présidentielles mais il aurait pu sauver le Parti socialiste.

Là aussi, les votants de la primaire éteignirent la clarté qui pouvait les sauver. Ils désignèrent un personnage de roman-fiction qui finit par peser moins que son poids qui n’était déjà pas lourd.

On fit les comptes : les migrants s’en étant allés chez Emmanuel Macron, d’autres s’étaient laissé séduire par Jean-Luc Mélenchon. Monsieur Hamon se trouva à la tête du vide.

Ceux qui sont allés chez M. Macron, où ils vont constituer un corps d’extinction, ne reviendront pas.

Les frondeurs furent discrédités par l’échec : Benoît Hamon entra dans le néant où il avait dû se sentir chez lui et Manuel Valls commença une traversée du désert dont il n’est pas réellement sorti.

Mais que l’on se rassure, ce n’est pas la première fois : la SFIO a bien disparu ; les partis disparaissent, le socialisme reste, ce n’est plus une idéologie, c’est un « mot-valise ». Il y aura toujours quelque chose à y mettre et quelqu’un pour le porter, quelqu’un ou plusieurs !

On va se rendre compte que les deux derniers porteurs de l’espérance socialiste sont en réalité des fossoyeurs.

Le résultat des derniers sondages d’Anne Hidalgo est bien dans la ligne des échecs de Benoît Hamon.

Jacques Limouzy