Les Républicains – Une famille recomposée prête à gouverner

Le scrutin pour désigner le candidat des républicains se déroule aujourd’hui et demain. Analyse de Richard Amalvy

Comme en 2017, les adhérents des Républicains ont déjoué les pronostics en plaçant Éric Ciotti en tête de la compétition. Un bon quart des électeurs ont soutenu ses propositions, et quelle que soit l’issue du scrutin samedi, les idées portées par le député des Alpes Maritimes ne pourront pas être mises de côté dans le programme présidentiel du mouvement néo-gaulliste. Il a réussi une percée là où l’espace semblait bouché, reprenant une partie des thèmes de François Fillon et du RPR des années 80.

Xavier Bertrand, qui ambitionnait une aventure en solitaire, n’a pas vraiment échoué puisque bien que quatrième, le quart qu’il représente est en voix presque équivalent à celui de Ciotti, de Pécresse, et de Barnier. Je soutenais ce dernier. Son parcours exceptionnel, du niveau local au niveau international, sa carrure et la tonalité de ses propos me paraissaient correspondre à la nécessité du moment qui demande fermeté et apaisement. La République aura besoin de lui si sa famille politique l’emporte.

Enfin il y a Philippe Juvin.  Son score ne doit faire oublier ni ses idées sur le système de santé, ni ses engagements de terrain, que ce soit dans sa ville ou auprès de l’armée française. Il incarne la capacité si importante de mêler réflexion et action, en multipliant les champs d’expérience.

Enfin, il y a une femme, Valérie Pécresse, arrivée deuxième, qui incarne la détermination dans la région qu’elle préside et gouverne. Les adhérents l’ayant placée en deuxième position, et les trois candidats ayant échoué au premier tour ayant décidé de la soutenir, je crois qu’il y a une opportunité réelle de faire une belle campagne avec elle si elle s’emploie à faire la synthèse de cette famille recomposée qui sait gouverner. Ce n’est pas faire injure à Éric Ciotti de penser qu’elle a les meilleurs atouts pour s’opposer à Emmanuel Macron, car la personnalité que Les Républicains désigneront d’ici demain pour mener la bataille doit porter les idées du mouvement, démontrer la capacité à présider, entraîner une future équipe gouvernementale, et faire face au président sortant dans un duel possible, que ce dernier n’attendait pas.

Et, ce n’est pas accessoire, il serait extrêmement plaisant que la droite républicaine offre à la France sa première Présidente de la République, ce qui serait un formidable pied-de-nez à l’histoire pour ceux qui pensent que cette droite ne sait pas épouser les causes de son époque.

La qualité des débats télévisés et la conduite de la campagne par Christian Jacob ont montré que cette famille recomposée est prête à gouverner.

Richard Amalvy