LES ROBOTS (conte)

Mon Oncle,

Ici, là ou ailleurs, apparaissent les robots. Ils sont les Ilotes des sociétés nouvelles, ils vont travailler, produire et remplacer l’homme pour toute tâches élémentaires et répétitives.

Jusqu’où iront-ils ? Le haut niveau d’une telle question n’a pas échappé à un esprit aussi subtil que celui de Monsieur Hamon candidat aux élections présidentielles.

Gagner son pain à la sueur de son front, c’est fini. Gagner pour certains son pain à la sueur du front des autres, c’est fini aussi ; voici le robot qui sans front ni sueur remplace l’homme et travaille pour lui.

Amateur de syllogismes fondateurs, Monsieur Hamon a conclu que supprimer le travail, c’était aussi supprimer le chômage, et que celui-ci devenu peu à peu universel devait être financé.

Monsieur Hamon n’est pas seulement avec son syllogisme un élève d’Aristote, il est plutôt celui de ces positivistes qui supprimaient les questions au lieu de les résoudre.

Monsieur Hamon s’est même demandé si l’on pouvait taxer les robots, oubliant, qu’étant par nature insolvables, leurs propriétaires répondraient pour eux.

La création de robots fiscaux ou de robots émetteurs de monnaie n’a pour l’heure pas été envisagée, la crainte de faire circuler une monnaie de singe restant vivace.

Mon oncle, j’ai cru devoir consulter Eustache de Choisy, le Roi mage au 450 Boulevard des Batignolles :

  • Maître, vous passez pour avoir une importante fortune en monnaie numérique. Vous l’avez eu comment ?
  • Par voie d’échange avec de l’or naturellement.
  • Et l’or Maître, comment ?
  • Avec la pierre philosophale, naturellement.
  • Merci Maître.
  • La consultation, c’est trois cents euros.
  • En numérique ?
  • Non en billet. Merci, Dieu vous le rende !

 Innocent

261ème lettre d’Innocent Patouillard, contribuable Castrais, à son Oncle, Célestin Crouzette, propriétaire exploitant à la Montagne.