Les vices du comportement

Le Président Macron, dont on admire par ailleurs l’intelligence et des qualités intellectuelles peu communes, illustre fréquemment ses interventions par des considérations inappropriées.

Il en était ainsi de son illustre prédécesseur, le Maréchal de Mac-Mahon, qui, à chaque fois qu’il s’exprimait, ajoutait dans ses commentaires des observations qu’il aurait dû éviter.

Ainsi, Emmanuel Macron vient-il d’envisager d’introduire l’enseignement de l’arabe à l’école primaire pour probablement rendre service à ceux qui, pour des raisons diverses sont autorisés à rester chez eux. Ce qui leur évite d’apprendre le français car pour l’enseignement de l’arabe, il existe des associations adaptées.

Il est un principe sur lequel il ne faut rien céder : la langue de la République est le français et il n’y a qu’une langue puisqu’il n’y a qu’une République.

Ceux qui naissent en France sont français : c’est le droit du sol, et leur langue maternelle ne se justifierait que si elle se rattachait au droit du sang. Comme l’anglais, l’espagnol ou l’italien, l’arabe est une langue étrangère.

Par conséquent, nous en concluons que cette appréciation du Président fait partie des commentaires inappropriés qu’il laisse parfois échapper. Les exemples fourmillent.

Il en est ainsi d’un commentaire ambivalent et déplacé qu’il vient de faire, en un moment inopportun, sur la police, avec un mélange – qui lui est habituel – de la chèvre et du chou. Ses rapports avec ces fonctionnaires doivent être simples, puisque l’exécutif qu’il dirige est titulaire du pouvoir hiérarchique, disposant des avancements, des éloges et des sanctions. Il lui conviendrait de s’en tenir là.

Nous demandons donc au président de changer non pas de politique mais de comportement. Comment ne pas voir que les réflexions faites sous la pression de l’immédiat rompent l’unité et l’harmonie des décisions nécessaires ? Elles aboutissent certainement à des adhésions contradictoires ou à des oppositions qui ne le sont pas moins et qui transforment le corps politique en d’innombrables cénacles corpusculaires.

Le Président devrait songer à modifier son comportement, qui ne peut que surprendre ceux qui le suivent et qui devraient le conduire aux élections présidentielles avec une autre apparence que celle d’une armée de Bourbaki.

Jacques Limouzy