Lettre aux électeurs du FN

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Carte des 23 cantons tarnais

Je m’adresse à vous, en homme de droite. Je ne suis pas, à droite par calcul ou par défaut, locataire d’un espace que m’aurait laissé la gauche. Je suis de droite parce que mes idées, mon héritage familial et mon expérience de la vie publique ne me donnent pas d’autre choix aussi naturel et joyeux. Je ne suis pas hémiplégique pour autant : j’ai de merveilleux amis de gauche avec lesquels je rêve que l’Histoire nous rassemble.

Vous avez sans doute de vraies raisons de voter pour le FN. Je connais bien ce parti et ses dirigeants historiques pour avoir, dans ma jeunesse, participé au combat contre l’extrême gauche dans les facultés. Une extrême-gauche violente, arrogante, indifférente au sort des peuples russe et d’Europe orientale, comme des pays du Tiers Monde qui souffraient d’une barbarie, jumelle du nazisme. La gauche en était la complice, et la droite, oubliant Aron, se taisait lâchement.

Mais les nationalistes de l’époque, intégrés au FN, sont restés marginaux : dans leurs références historiques, comportements et choix tactiques. Leur parti pratique toujours la politique du pire : plutôt la gauche qu’une droite jugée molle, ou pire, qu’une droite ferme, jugée concurrente.

Pas l’extrême gauche qui, par haine idéologique et dans l’espérance de compensations des hiérarques du PS a toujours «fait barrage» aux droites, tout en méprisant la social-démocratie. Mais voilà, Hollande n’est pas Mitterrand. Celui-ci avait vécu la guerre et les ambigüités de notre pays ; sa culture le rattachait à nos racines : l’abolition de la peine de mort, oui, mais pas le simulacre du «mariage» homo ! Le vote des immigrés, mais quinze jours avant une élection ! Il méprisait trop les minorités de son camp, quand Hollande, par faiblesse de caractère et calcul, leur donne tout. Avec lui, la gauche-bobo n’entend plus «changer la vie», mais changer de civilisation. Elle abandonne la République une et indivisible pour reconnaitre des droits à des communautés sexuelle, ethnique, linguistique. Dépourvue du sens de l’Etat, soucieuse de ménager ses cadres issus de la fonction publique, des syndicats et des associations, elle ne comprend pas les bouleversements du monde. Fussent-ils à nos frontières : elle méprise la Russie pour s’amouracher des Fémen après avoir cajolé Hugo Chavez !

Comprenez le remplacement des valeurs que cette gauche a mis en œuvre ! Sortez d’une voie sans issue ! Exprimez plutôt vos exaspérations et vos idées au sein de l’UMP ! C’est ce qu’ont fait les trotskistes depuis longtemps, au sein du PS et dans les médias.

Et voyez ce que ce parti et ces médias sont devenus : les voix de ceux qui détruisent méthodiquement tout ce qui a fait la force de notre pays : la Nation, la famille, la République, l’Etat, le goût du travail bien fait.

Voter FN, c’est empêcher la droite d’être de droite. Ne rêvez pas d’un « petit matin » avec Marine : vous n’aurez que la poursuite du « grand soir » avec les autres. Elle, ou ses proches, cèdent toujours à leurs pulsions et aux provocations. Passons sur l’inexpérience de la plupart de ses cadres qui n’a d’égale que celle des agitateurs de Mélenchon. Les uns comme les autres ne connaissent rien de l’exercice du Pouvoir. Ils veulent trancher le « nœud gordien » au « bar des amis », mais ne trompent que les naïfs ou les malheureux. Il n’y a pas d’électeurs FN heureux : leur parti a fait le choix du pessimisme. Passez de la colère à la méthode ! Envahissez nos permanences et nos réseaux sociaux ! Prenez à témoin nos cadres et nos élus. Exigez des engagements. Participez à nos débats : le compromis n’est pas la compromission : ce qui est nécessaire dans la vie privée devrait-il être méprisé dans la vie publique ? Faites-vous entendre : vous serez respectés. Au FN, vous resterez à l’écart de tout : de l’influence, d’une vie locale apaisée et constructive. Et notre France sombrera un peu plus. Chez nous, vous serez chez vous : si vous aimez assez la France de votre héritage et la République de nos valeurs, vous êtes les bienvenus.

Bernard Carayon

Ancien député (UMP) du Tarn

Maire de Lavaur