Lettre ouverte de Jacques Limouzy à Philippe Folliot, gaulliste renaissant

Mon cher compagnon,

Je viens de lire dans les colonnes de la Dépêche du midi les interrogations qui vous assaillent à propos des consultations électorales à venir, présidentielles et législatives.

Je sais cependant que ces états d’âme ont toujours été les vôtres à l’approche des consultations dont la plupart vous concernait.

En 2017, vous avez suivi et même précédé Emmanuel Macron avec un succès qui a été le vôtre. Vous nous dites aujourd’hui que c’est « parce qu’il était gaulliste ». Vous étiez bien le seul à le croire car, au nombre de ses remarquables qualités, c’était bien une des seules qu’il n’avait pas .

Vous vous êtes donc trouvé proche d’En Marche avec qui vous étiez élu sans que véritablement votre cœur y soit.

Il se trouve aujourd’hui qu’au sein des innombrables familles centristes on vous manque de considération.

« Alliance centriste » dont vous êtes le président semble avoir été négligée par l’appel lancé par François Bayrou pour la création d’une maison commune qui, a défaut d’être quelque chose, regroupe beaucoup de monde, d’horizons divers alors, qu’au contraire, votre parti garde, à défaut d’adhérents, des qualités que l’on ne trouve pas ailleurs.

Il semble que les difficultés que vous allez croiser pour nous annoncer votre choix présidentiel pourraient trouver remède dans quelques lueurs du souvenir qui vous revient du gaullisme de votre jeunesse. Je vous donne ce conseil alors que je ne suis pas un gaulliste historique mais plutôt un gaulliste vivant. Je viens du Cabinet de Roger Frey, Ministre de l’intérieur et j’ai été ministre de Jacques Chaban-Delmas, de Pierre Messmer et de Raymond Barre qui, quoique centriste, était plus gaulliste que tous les autres.

Si vos interrogations vous conduisaient cette fois-ci à vous rapprocher des idées qui furent jadis les vôtres, je ne vous demanderai qu’une chose : faire la place nette en nous débarrassant de cette parlementaire que vous nous avez envoyée à Castres après votre élection au Sénat, une personne que nous n’avons jamais vue et qui ne nous connaît pas. J’ajoute que si vous avez quelques idées pour la remplacer nous sommes prêts à vous consulter.

Aujourd’hui vous êtes au Sénat, vous avez un bon président et rien ne vous empêche maintenant de compléter une pensée politique aussi riche et diversifiée qui a été la vôtre par un retour rafraîchissant à ses origines.

Avec, Mon cher compagnon, mes sentiments cordiaux et toujours attentifs.

Jacques Limouzy