L’ombre d’un doute : Emmanuel Macron

Il n’est pas de destin aventureux qui n’ait traversé les brumes de l’équivoque avant que quelque aube sans taches n’en efface opportunément le souvenir.

Dans l’écurie socialiste Emmanuel Macron ne fut jamais qu’un animal d’importation. Réputé fils du monarque, il devint rapidement le fils de personne afin de conquérir le pays légal. Pour le pays réel tout restait à faire.

On peut certes en douter mais rien à priori ne devait être refusé au bénéfice du doute !

Son prénom, Emmanuel, signifie « le bienvenu » ; ses origines sont ultra-classiques : ENA, inspecteur des finances, associé gérant chez Rothschild. Il est enfin l’un des excellents sujets que les bons pères jésuites formèrent dans des établissements de qualité comme le grand lycée de la Providence à Amiens.

Que l’on se rassure, la Compagnie de Jésus a toujours eu à cœur de forger des sujets d’élite, quel que soit leur destin ultérieur, fût-il, pour certains, anticlérical.

Aussi, Emmanuel Macron reste doué d’une superbe intelligence qui le conduit à tout être, à tout faire et à tout prévoir.

C’est ainsi que, loin d’avoir l’audace d’un guide, il a la modestie d’un berger qui conduit dans une unique pâture le loup et l’agneau, le bien et le mal, le chaud et le froid, le jamais et le toujours, l’avant et l’après, l’eau et le feu et bien sûr la droite et la gauche !

Il est celui qui arrive et qui part, qui est à la fois l’avance et le retard et qui va réconcilier le Diable et le bon Dieu.

Mais là où il montre son véritable génie, c’est dans le système successoral qu’il a découvert au service du renouvellement du chef d’une grande nation. Car si la monarchie s’en remet à l’hérédité et la république à l’élection, Monsieur Macron propose à notre admiration une technique nouvelle que j’appellerai : l’entretien en bon état et en permanence de l’adversaire initial que l’on a définitivement battu et qu’on fait apparaître à chaque renouvellement ou à défaut de gagner, il fera disparaître tous les autres candidats.

La découverte de cette technique qui fait de l’adversaire un complice est à mettre au crédit de ce président.

Seul un fakir pourrait imaginer un détournement aussi légal du principe d’une élection présidentielle.

Ignorerez-vous longtemps le plaisir que l’on peut prendre à faire tourner les tables chez Monsieur Macron ?

Il pratique sur chaque sujet des hypnoses salutaires qui grâce à leurs vertus hallucinogènes montrent à tous que «ça marche».

Ce Monsieur Macron, on le dit aujourd’hui d’ici alors qu’hier, il était d’ailleurs ou de nulle part ; présentement il est partout !

Que peut-il arriver à une réélection dont la certitude est si bien établie ?

Seul un « dynamitero » poseur de bombes pourrait mettre en mouvement cette stabilité et faire que l’homme le plus intelligent de France ait pu raisonner de travers.

Jacques Limouzy