Macron, le recycleur

« Le PS est mort ». C’est ce que François Hollande disait aux journalistes auteurs du livre « Un Président ne devrait pas dire çà ». Depuis longtemps, François Hollande a compris que la gauche ne pouvait réussir : trop divisée, arc-boutée sur une idéologie d’un autre temps, fondamentalement impopulaire.

Mais il faut conserver le pouvoir. A tout prix. Entretenir une rente collective. Et continuer comme si de rien n’était, comme si les échecs ne devaient pas être sanctionnés, comme si la vérité devait être tue.

C’est ainsi qu’Emmanuel Macron fut inventé, porté par des médias qui n’ont jamais été aussi éloignés de l’opinion publique, supporté par une caste de technocrates, de spéculateurs et de banquiers d’affaires.

L’organisation de l’Etat est mise au service de cette stratégie : elle est décrite dans le livre récent « Bienvenue place Beauvau ». L’un des auteurs (du Canard Enchainé) se défend d’avoir parlé de « cabinet noir », mais d’« une structure clandestine, aux ramifications complexes » : ce qui revient au même. Ce livre n’était pas destiné à être publié maintenant : l’arroseur est arrosé.

La technique Macron est maintenant mieux comprise : recycler les socialistes qui ne peuvent se retrouver dans les folies et la personnalité assez falote de Benoît Hamon ; agréger ceux dont les convictions varient selon les intérêts personnels, capter les déboussolés du « ni droite ni gauche » qui se retrouvent maintenant compagnons de route de Robert Hue, Manuel Valls, Pierre Bergé et Bertrand Delanoë ! Emmanuel Macron affirme qu’« on ne peut faire du neuf avec du vieux » : ce n’est pas très délicat pour ceux qui l’ont rejoint.

Le but est clair : empêcher l’alternance que réclament les français après les désastres et les trahisons du quinquennat Hollande.

On verra surgir ainsi dans les circonscriptions des candidats venus de nulle part, racontant aux uns et aux autres ce qu’ils veulent entendre en priant qu’ils ne se croisent jamais, parlant du peuple comme s’ils l’avaient servi toute leur vie quand ils ne se sont, en réalité, préoccupés jusque là que de leurs seuls intérêts personnels.

La politique n’est pas une profession mais exige du professionnalisme : si vous devez être opéré, confierez-vous votre corps à un étudiant en médecine ou à un professionnel réputé ?

C’est bien le problème d’Emmanuel Macron qui croît que la Guyane est une ile, traite les ouvrières de Gad d’ « illettrées » et considère les habitants du Nord comme des alcooliques. Qu’il soit passé par l’ENA et l’inspection des finances nous éclaire sur la formation intellectuelle et morale de nos « élites » ! Certains de ses soutiens ne sont par très différents, même si leur cursus n’est pas si prestigieux : ils ne savent pas grand-chose, mais veulent donner à chacun l’illusion qu’ils peuvent faire mieux que les « autres ». Dans les temps de crise sociale, nationale, financière, internationale, terroriste que nous vivons, l’amateurisme ne remplace pas l’expérience comme le mensonge ne peut prévaloir sur la vérité.

Bernard Carayon
Maire de Lavaur
Conseiller régional d’Occitanie