Merci, au revoir, à tout de suite !

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Depuis quatre semaines le journal est lu en ligne dans plus de 50 pays et sur tous les continents.

Quand Jacques Limouzy a fondé La Semaine de Castres, en 1977, il ne pouvait pas imaginer que son journal serait un jour dématérialisé pour être lu sur un écran aussi petit que celui d’une tablette ou d’un smartphone. Le seul journal sur écran était alors télévisé.

C’est pourtant ce qui se produit depuis le 20 mars : chaque vendredi dès l’aube, à partir d’une lettre électronique qui est adressée à plus de deux mille personnes, votre hebdomadaire arrive sur votre ordinateur, votre tablette ou votre téléphone. Cette livraison du journal est la dernière à être imprimée.

Cette mutation comporte quelques regrets. Premièrement celui de quitter les quelques lecteurs fidèles qui ne sont toujours pas passés à l’ère numérique. Ce sera peut-être l’occasion pour eux soit de franchir le pas, soit de compter sur la solidarité familiale ou amicale pour lire le journal sur l’ordinateur d’un proche. Le regret, ensuite, est d’arrêter une relation de travail avec l’imprimerie Jean Gasc, à Castres, (Couleurs d’Autan à présent, depuis la fusion avec l’imprimerie Garcès) qui nous a apporté un service bien plus que commercial : amical. Que tous ceux qui ont travaillé au marbre et à la plieuse, en passant par la machine offset, sachent que nous leur sommes reconnaissants.

D’autres sont aussi affectés par ce changement : nos amis, fidèles et généreux de leur temps, qui se sont réunis depuis 38 ans au siège du journal, rue Gambetta, tout d’abord les mercredi soir puis le jeudi matin, pour apposer la bande d’adressage permettant le routage par la poste. Sans eux, le journal n’aurait jamais atteint ses lecteurs. Les souvenirs appellent une pensée pour ceux qui ont administré le journal ou qui ont contribué à sa fondation : Eliette Barthe, André Viala, Jean Bazalgette, Annie Mas, Yvan Aussenac et Alain Laporte. Saluant mon prédécesseur, rédacteur en chef, je pense aussi à mes successeurs Jean-Marc Vilches et Christophe Célariès. Ce dernier, principal acteur du changement, voit sa fonction augmentée du titre de webmestre.

Mais, cette mutation a une conséquence inattendue : après s’être dématérialisée, La Semaine de Castres s’est déterritorialisée ! Comme le montre la carte que nous reproduisons, depuis quatre semaines elle a été lue dans plus de 50 pays et sur tous les continents. Cette diffusion internationale est aussi le fait de nouveaux modes de vie qui voient des Tarnais s’expatrier et chercher un lien régulier avec leur terroir natal. Ce nouveau lectorat compte aussi des amis rencontrés lors de missions internationales qui nous rejoignent grâce à la diffusion sur des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. C’est la raison pour laquelle nous encourageons tous les lecteurs à utiliser les fonctionnalités de partage pour accroître la diffusion du journal et de leurs idées. Car, si La Semaine est un hebdomadaire qui informe, il n’en oublie pas moins de dire ce qu’il pense.

Cette pensée n’est pas de gauche, mais elle a toujours revendiqué le progrès et un certain humanisme classique. Incarnée par le fondateur et directeur politique du journal, Jacques Limouzy, elle avait besoin d’un style que nous empruntons avec plaisir : polémiste, pamphlétaire, picaresque, humoristique et souvent littéraire.

Après tous ces remerciements nécessaires et chaleureux, avec Jacques Limouzy qui a toujours su voir devant et qui nous fait passer naturellement du papier au numérique, nous vous disons au revoir, à tout de suite !

Richard Amalvy