Michel Bossi : « Le Gouvernement tire sur son meilleur allié : les CCI territoriales »

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A l’occasion de l’assemblée générale de la CCI du Tarn, en présence de Jean-Yves Chiaro, Sous-préfet de Castres de Marie-Chistine Verdier-Jouclas, député du Tarn, Michel Bossi, Président, a exprimé ses fortes inquiétudes quant à l’avenir des CCI Territoriales et de proximité comme celle du Tarn : « Dans le cadre du projet de Loi de finances 2018, en cours de débat au parlement, Le Gouvernement nous assène un nouveau coup de massue avec un objectif de baisse de 17% de nos ressources fiscales ».

Cette baisse accumulée aux nombreuses réductions déjà subies au cours des précédents exercices porterait la diminution globale à 52%.

C’est une décision brutale et incompréhensible, Quelle organisation peut survivre à une diminution de 52% de ses recettes et s’adapter en trois mois seulement ?

« Ne nous voilons pas la face et disons les choses clairement ; l’existence même des CCI sur les territoires est en jeu ». Si certaines CCI métropolitaines peuvent encore espérer survivre, ce n’est pas le cas de nombreuses CCI départementales qui seront inévitablement amenées à disparaître.

Pour la CCI du Tarn, l’effort consenti ces dernières années s’est porté sur la suppression des emplois, soit 20% de nos effectifs, sur l’abandon de certaines missions : Aérodrome d’Albi – Foires de Castres et d’Albi – mais aussi sur des baisses de participations : aéroport de Castres-Mazamet, association de commerçants ou encore sur l’abandon de projets d’l’investissement destinés aux entreprises comme l’hôtel d’entreprises d’INNOPROD.

Ce nouveau coup de rabot aura inévitablement un impact désastreux sur l’accompagnement des TPE/PME, mais aussi sur la qualité du service de proximité, notre ADN.

La CCI du Tarn, s’est constamment impliquée auprès des TPE et PME, auprès des commerçants, des industriels, des créateurs, des hommes et des femmes en formation continue et des jeunes en apprentissage.

Nous avons toujours été un relai volontaire pour accompagner la mise en œuvre de mesures pourtant indispensables pour les entrepreneurs : plan en faveur des travailleurs indépendants, plan d’action pour la croissance et l’investissement, future loi TPE/PME, future réforme de l’apprentissage et de la formation.

En matière de formation, la CCI est devenue un acteur important sur le Tarn, le 2ème formateur après l’éducation nationale. Elle chapeaute des établissements d’enseignement comme l’IPI, l’IFCIM ou l’Orthèse, des centres d’apprentissage. Elles gèrent encore l’aéroport de Castres-Mazamet.

L’enracinement des CCI sur les territoires n’est plus à prouver selon moi. Je me demande d’ailleurs si cet enracinement n’a pas été perçu comme un contre-pouvoir économique que l’on doit faire disparaître. Beaucoup d’entrepreneurs que nous accompagnons ne comprennent pas non plus cette décision gouvernementale.

Nous demeurons animés d’un esprit de responsabilité. Nous acceptons de participer à l’effort de diminution de la dépense publique et à œuvrer à la baisse des prélèvements obligatoires.

Simplement nous demandons du temps pour échelonner nos efforts et les amortir sans casser totalement l’outil CCI. C’est la raison pour laquelle nous demandons un « lissage » de la réduction sur la durée de la mandature (5 ans). A terme, le résultat atteint sera le même mais il aura permis davantage d’appui de proximité aux entreprises et aux territoires.

D’autres solutions sont possibles et permettrait de préserver l’enracinement local. A l’Assemblée nationale, un amendement demandant au Gouvernement un rapport sur la fusion des CCI et des Chambres de Métiers et d’Artisanat montrant les économies possibles a d’ailleurs été voté. Nous ne pouvons qu’y être favorables.

Enfin, si cette réduction devait être finalement votée par le Parlement, elle aurait des conséquences désastreuses sur l’emploi dans les CCI ; un nouveau plan social massif et coûteux serait inévitable. Ce sont plus de 2 000 postes qui pourraient être supprimés, c’est-à-dire plus que la réduction des 1 600 agents de la fonction publique d’Etat prévue dans le PLF 2018.

« Je suis conscient que le redressement des comptes publics doit être l’affaire de tous. Mais j’ai le sentiment que l’effort demandé aux CCI est disproportionné et j’espère que le Gouvernement saura ajuster la contribution des CCI pour être à la hauteur des ambitions qu’il a pour l’économie et les entreprises. Qu’il prendra enfin en considération l’importance et l’efficacité de nos missions pour l’entreprise et l’activité économique des territoires. »