Municipales à Castres : Confessions

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Dans une élection locale, qu’est-ce qui détermine le choix vers lequel on se porte pour voter ? Si l’on en croit les sondages, la plupart des français privilégient la proximité plutôt que l’étiquette.

Pour ce qui me concerne, depuis longtemps le choix est politique. Mais pourrais-je tenter l’expérience d’un vote amical plutôt que partisan ? Dans un monde non partisan où j’aurai à composer moi-même une équipe, pourrais-je piocher les compétences dont nous aurions besoin au sein des différentes listes ? Ça aurait de la gueule non ? Allez, regardons les listes qui se présentent…

Ce qui est regrettable

Il y a celle de Christophe Testas. Je connais ce dernier depuis longtemps. Nous partageons des vues communes sur l’éducation populaire : il m’a succédé à la vice présidence de l’association des conseils d’enfants et de jeunes que j’ai co-fondée en 1990. Je connais son engagement personnel qui m’interdit de persifler. Il y a sur sa liste des gens dont je me sens proche sur des sujets culturels et sociaux. Ils le savent. J’en prend au moins trois… Mais on ne fait pas une politique municipale avec des compétences essentiellement issues de ces seuls domaines. C’est bien regrettable.

Il y a la liste de Denis Soliveres où se trouvent des amis séparés d’une aventure que nous avions commencée ensemble en 1989. D’autres s’y sont ajoutés. Même si j’ai tenté de comprendre les déceptions, je ne conçois pas un engagement bâti sur la revanche. Ils ont été encouragés par une éminence corse dont j’ai beaucoup appris, et par notre vibrionnant député qui va tenter sa chance à nouveau sur la commune où tout a commencé pour lui en 1989. Je lui souhaite d’y retrouver l’essentiel. Pour ce qui est de Denis Soliveres, je ne le connais pas. Nos agendas ne sont pas suffisamment synchrones pour prendre le café ensemble chez Christian aux Arcades. Il a le défaut que Philippe Folliot me trouvait en 2012 : il est à Castres sans s’y trouver (notamment quand je n’y suis pas), puisque c’est à Agen qu’il travaille à temps plein en tant que fonctionnaire territorial (et moi je suis trop souvent à Paris). Pourtant, nous aurions des idées à échanger, par exemple sur la réindustrialisation du bassin d’emploi qui était au cœur des campagnes législatives que j’ai menées en 2002 et en 2012. Dans cette équipe, j’en prend au moins quatre, malgré la posture d’opposition originelle qu’elle maintient. C’est vraiment regrettable.

Je pousse le bouchon un peu plus loin : Et Benoist Couliou ? J’aimerai bien qu’il contribue à la réflexion sur la transition énergétique et le développement durable. C’est important. Il ne faut pas caricaturer ces sujets. Il m’a pourtant «  vertement  » reproché en 2012 de n’être pas chez moi là même où je suis né et où j’ai vécu mes premiers engagements politiques… Pour ce qui est du Front national, ce n’est pas le débat local qui anime son leader, c’est le score national cumulé qui gonflera les chances de sa présidente pour 2017. C’est un piège à con pour la droite. Un de mes anciens supporters s’y trouve. Il a pourtant du talent ailleurs qu’en politique. C’est très regrettable.

Il faut une majorité

Il y a enfin la liste de Pascal Bugis. Mes amis y sont en majorité. On ne s’en étonnera pas puisque j’ai partagé un mandat avec la plupart d’entre eux entre 2001 et 2008, et pour les plus anciens entre 1989 et 1995. Pascal et Jacques Thouroude y étaient déjà. Sur cette liste, je les garde quasiment tous car ils ont bien travaillé.

Le conseil municipal, c’est le résultat du scrutin qui le composera, avec une répartition majoritaire qui donne la prime à la liste arrivée en tête, puis celle, proportionnelle, des autres qualifiées du second tour. Il y aura donc une majorité issue d’une liste. Alors je le confesse, pour deux raisons je ne vais pas jouer, et je vais raisonnablement faire comme d’habitude : je voterai pour la liste de Pascal Bugis.

La première raison, c’est Castres. J’ai vu peu à peu grandir la passion que Pascal nourri pour Castres, qui s’est manifesté dans les travaux de fond qu’il a entrepris pour rendre sa dignité à une ville blessée par le vieillissement des murs et des chaussées. Les derniers grands travaux remontaient au premier mandat de Jacques Limouzy. Je ne regarde que la rue Roucayrol qui est à deux pas de chez moi : je ne l’avais jamais vu aussi belle. Il propose de continuer ce qui a été entrepris depuis 2001 et les Castrais auront le choix parmi quatre grands projets. Comme citoyen, j’aime l’idée d’être consulté.

L’important c’est l’agglomération

La deuxième raison, c’est l’agglomération. Castres-Mazamet est le deuxième bassin d’emploi de la région Midi-Pyrénées et le premier pôle industriel et de recherche privée entre Toulouse, Montpellier et Barcelone. C’est là que tout se joue. Avec Pascal nous avons eu un désaccord bien lointain sur l’agglomération. C’est donc sur cette question essentielle que je luis fais confiance pour ce troisième mandat, notamment parce qu’il a pris la décision d’équilibrer la prise de décision entre Castres et Mazamet. La collaboration de Laurent Bonneville et de Pascal Bugis au sein de la communauté d’agglomération a permis de concrétiser des projets majeurs : la gratuité du service Libellus, le développement du centre hospitalier intercommunal, le développement de l’aviation de tourisme et d’affaire, et l’avancement du projet d’autoroute entre Toulouse et Castres. Il faut une majorité solide et large. L’élection de l’ami Cabanac à Labruguière serait aussi une bonne nouvelle.

Plus que la conviction, c’est la raison qui l’emporte pour chercher à conforter ce qui a été consolidé, puisque la durée est une assurance de progrès dans l’espace précaire de la politique.

Richard Amalvy