Nostalgie

Partager sur :

Lors d’une émission de radio, Michel Sardou a déclaré que, dans les années 80, la vie était plus simple, plus détendue, et, à l’instar d’Alain Delon, que « c’était mieux avant ». Certes ces deux artistes ont un lourd passé d’hommes de droite. Sont-ils vilipendés pour ce fait atroce ? Leur popularité les protège. Car, pour la pensée dominante, s’il y a une chose que notre époque ne tolère pas, c’est qu’on ne l’aime pas. Voyons, le « progressisme » ! Dans le camp des progressistes autoproclamés, on applaudit la transformation accélérée de la démographie, de la langue française, des paysages, des goûts et des saveurs et aussi le 80 km-h. C’est le parti de la « mise à jour » perpétuelle et du « grand débat » monologue. L’ancien monde doit céder la place au nouveau, qui est meilleur. Et tout ce qui est purement français, les traditions ainsi que l’identité nationale, comme tout ce qui tient encore debout dans la civilisation française est dans le viseur des progressistes.

Ne pourrait-on retrouver le bon sens ? Nous traversons une crise identitaire et ne savons plus ce qui nous rassemble. D’où le sentiment de perte de maîtrise de notre destin collectif. Et, encore plus grave, notre devise : « Liberté, Egalité, Fraternité » est galvaudée. La liberté est vidée de son sens car penser par soi-même peut coûter cher par les temps qui courent. Il vaut mieux déléguer le libre-arbitre aux leaders d’opinion qui vous disent ce qu’il faut penser et surtout ce qu’il ne faut pas penser, sans voir l’imposture intellectuelle selon laquelle ces personnages omniscients pourraient n’être, en réalité, que de pauvres incompétents. L’égalité est sapée par le multiculturalisme qui a besoin de faire taire la majorité silencieuse d’autant que les questions brûlantes de l’immigration et de l’islamisme exaspèrent toujours plus les électeurs ressentant un terrible déclassement. Et la fraternité est détruite, jour après jour et coûte que coûte, par les égoïsmes et le retour de la célébration de la différence de couleur, de sexe, de religion, etc.

Sous cet angle, on comprend mieux qu’un clivage se creuse toujours davantage entre ceux de la France réelle, attachés à leurs racines, notamment gréco-latines et judéo-chrétiennes, à leur culture, paradoxalement qualifiés de « ringards peu éduqués », et les nouveaux « barbares surdiplômés » qui constituent le gros bataillon de nos élites citadines hors-sol et parisianistes pour qui Etienne Marcel et Alésia ne sont que des stations du métro. Ces conceptions antagonistes débouchent sur un conflit de société qui doit s’achever, pour les tenants du progressisme macroniste, par la disparition de la Nation dans la gouvernance européenne. Notons en ce sens une dérive de la jurisprudence qui accorde la prééminence du « gouvernement des juges » sur la démocratie. Le Conseil d’Etat, la Cour de cassation et le Conseil constitutionnel ont décidé que les lois et décrets pris par les autorités françaises devaient être soumis aux directives des instances de l’Union européenne, incarnées par le Commission de Bruxelles. Cette jurisprudence abusive, qui opprime la souveraineté nationale, n’a jamais été soumise à l’approbation du peuple français !

Certes nos gouvernants se veulent protecteurs, du moins en paroles : les campagnes sans bruits, la vie sans tabac, sans autos, sans gluten, sans lactose, sans viande, et pour finir sans saveur et sans intérêt ! Et tout ce qui est venu, depuis quelques mois, assombrir une lumière qui avait suscité de l’espoir chez certains citoyens d’autant plus sévères maintenant qu’ils avaient été enthousiastes avant. Nos pseudo-élites ne s’en rendent, d’ailleurs, même pas compte. Ils ne connaissent pas cette France qui fait une Nation. Et cette France, c’est la nôtre, toutes classes confondues, celle de notre quotidien. C’est la France des pères et des mères de famille de nos provinces, la France des réveils matinaux et des conduites aux aurores, celle des queues aux heures de pointe, celle des pleurs et des rires, des abandons et des réussites, des trahisons et des fidélités. Banales ou extraordinaires, ces existences, un jour de novembre, se sont rencontrées sous les apparences fluorescentes d’un vêtement devenu universel : le gilet jaune.

Qui sera à la hauteur pour réformer la France face aux diverses formes d’anarchie cultivées chez nous, zadistes, no-borders, casseurs, djihadistes, black-blocs, maçons du mur des Cons, clandestins, et aussi devant les chômeurs sans avenir, les laissés pour compte de l’école, PME rançonnées, agriculteurs et policiers désespérés, et j’en passe ? « Vaste programme » !

Pierre Nespoulous