Notre-Dame de la Platé : L’église de Castres (Aimé Balssa)

Fondée à Castres au IXe siècle, l’église Sainte-Marie puis Notre-Dame de la Platé a occupé au cours du Moyen Âge une place discrète à l’ombre du monastère bénédictin voisin et de son abbatiale, puis, après 1317, de l’évêché et de sa cathédrale.

Jusqu’aux guerres de Religion, elle s’est satisfaite d’un rôle de succursale citadine de Saint-Jean de Bordelles, église la plus ancienne de la contrée.

Détruite lors de ces guerres, elle fut plusieurs fois reconstruite, modestement tout d’abord, puis de façon plus importante au milieu du XVIIIe siècle, après le retour conscient puis forcé des Réformés dans son giron. Elle est connue alors comme « l’église de Castres », celle des nobles, bourgeois et commerçants de la rive droite de l’Agout, affichant son militantisme catholique mais soucieuse de son autonomie face au chapitre de Saint-Benoît dont elle relevait.

Après les années difficiles de la Révolution, elle a repris son rôle, s’embellissant au cours des ans, se dotant d’un orgue et d’un carillon constamment développés depuis lors.

Si elle a perdu nombre de ses paroissiens influents, résidant désormais hors du centre ville, si elle a vu son territoire se réduire au fil des années, Notre-Dame de la Platé n’en reste pas moins un édifice cher au cœur des Castrais. À l’issue d’une période de fermeture de 25 années et d’une totale restauration, elle peut à nouveau dévoiler son charme discret, gardant une fonction religieuse, mais devenant aussi un monument majeur du projet touristique et culturel castrais.

Ce livre publié par la Société culturelle du Pays Castrais présente dans le détail son parcours tumultueux depuis près de douze siècles, et décrit ses nombreux atouts.

Un livre de 294 pages 18 x 24 cm illustré en noir et blanc et couleurs, couverture quadrichromie pelliculée. Parution : novembre 2020.
Prix : 20 € (26 € franco de port) *Il peut être acquis chez le secrétaire de l’association, M. Didier Serres (Magasin À la ville du Puy, 5 rue de l’Hôtel-de-Ville).

Notre-Dame de la Platé – Quelques erreurs à éviter !

Quelques affirmations sont couramment avancées à propos de cette église. La Société culturelle du Pays Castrais les réfutent ci-dessous.

L’église est de style baroque et a pour modèle l’église du Gesù à Rome.

Le style baroque prend naissance en Italie dans la seconde moitié du XVIe
siècle ; il est concomitant avec le développement de la Compagnie de Jésus, créée en 1537, et avec le concile de Trente (1545-1563), qui prône de nouvelles règles d’exercice de la religion. Dans le domaine religieux, il se caractérise par une nouvelle structure des églises, en forme de croix latine,
généralement surmontées d’un dôme, avec un retour à l’antiquité pour la décoration (colonnades de divers ordres, frontons…). Consacrée en 1584, l’église du Gesù, à Rome, en est l’un des premiers exemples et servira de modèle aux églises jésuites dans l’Europe entière. En Italie, en Espagne et au Portugal, en Europe du Nord, le style évolue rapidement vers une exubérance des formes, une exagération du mouvement, une surcharge décorative qui donnent au terme baroque une connotation d’excessif, de surchargé.

A l’inverse du baroque italien, le style classique français, issu des mêmes concepts de base, adopte aux XVIIe et XVIIIe siècles une position plus raisonnable, moins ostentatoire. Les églises Saint-Thomas d’Aquin à Paris, Notre-Dame à Versailles ou Notre-Dame à Richelieu, la cathédrale de Montauban, en sont de bons exemples.

L’église Notre-Dame de la Platé est caractéristique du style classique français. Son architecte, qui, avant de la concevoir, avait travaillé pendant une vingtaine d’années à l’achèvement de la cathédrale de Montauban, œuvre de trois de architectes majeurs de l’école française, François d’Orbay, Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte, a certainement trouvé son inspiration dans l’édifice du Bas-Quercy dont il connaissait tous les détails. Comment aurait-il pu prendre modèle sur l’église romaine du Gesù, édifice lointain construit depuis près de deux siècles ?

Seul le sanctuaire de la Platé, avec son riche baldaquin, possède les caractéristiques du style baroque. L’église Notre-Dame de la Platé est donc une église de style classique français dotée d’un chœur baroque.

L’orgue a été installé en 1764 : Non.

D’après les recherches des membres de la société culturelle, il y a tout lieu de penser qu’aucun orgue n’a été installé avant la Révolution. Le premier orgue de Notre-Dame de la Platé a été commandé en 1835.

La chaire est une chaire en bois doré du XVIIIe siècle : Non.

La chaire existante est en grès céramique et date de 1872. Elle est l’œuvre des Établissements Virebent, de Toulouse.